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 Kill the traitor { RAKESH (terminé)

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Parvati Sharma


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 216 , et je suis ici depuis le : 24/09/2015

MessageSujet: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Jeu 19 Nov - 17:37

Kill the traitor
voyage vers la vengeance


Le soleil venait à peine de se lever, le wagon était déjà bondé. Ce n'était pas une surprise. Des cris d'animaux, des pleures d'enfants, des gens qui haussaient le ton pour essayer de se comprendre dans ce capharnaüm infernal. C'était pire qu'au souk de la capitale. Une jeune femme était assise dans un coin, calme, recroquevillée sur sa banquette. Ses prunelles sombres fixaient un point dans l'horizon. Aucune expression sur son visage ne pouvait représenter, à ce moment-là, ce qui se tramait dans son esprit. C'était Parvati. Elle se trouvait dans un train en direction de Jaïpur. L'indienne avait bravé les interdits lancés par sa famille adoptive, quittant la demeure familiale durant la nuit, et rejoint la gare à pied. Pourquoi avait-elle pris le risque de se mettre dans une situation délicate ? Son passé l'avait rattrapé. Bien vite, peut-être trop. Un de ses demi-frères lui avait avoué, il y a quelques jours de cela, qu'il avait retrouvé l'identité et la localisation du jeune homme qu'elle était censée épousée, lorsqu'elle avait douze ans. L'homme avait quitté Calcutta le jour suivant l'assassinat de sa famille, ils s'étaient installés dans une magnifique villa dans la ville de Jaïpur, dans le Rajasthan. Après avoir entendu cette nouvelle, la jeune femme n'eut pas d'autre choix que de préparer son expédition hors de la capitale, sans penser aux conséquences de son acte de trahison aux yeux de sa seconde famille. Peu importait, la vengeance l'emportait.

Son voyage en direction de l’état des maharajahs venait à peine de commencer. Le trajet durerait, approximativement une journée entière. Les rails de la ligne ferroviaire étaient situées sur un sol légèrement cahoteux, l'état de la machine qui commençait à se faire vétuste n'arrangeait en rien l'inconfort de la traversée. Parvati était ballottée dans un sens, plus dans l'autre, de temps-à-autre heurtée par son voisin de droite. C'était très insupportable, mais il le fallait. C'était la première fois que la jolie indienne quittait son confort de la capitale pour s'aventurer dans les autres régions du pays. Une sacrée aventure.

Depuis le début de son expédition, Parvati avait la nette impression qu'on l'observait. De temps-à-autre elle se permettait d'examiner, en fronçant délicatement ses sourcils, l'entièreté du wagon. Rien, évidemment. Au bout de cinq heures de trajet, la locomotive s'arrêta en plein centre de l'Inde, dans la rase campagne. Probablement un souci mécanique. Personne ne semblait s'en inquiéter en tout cas, sauf la jeune indienne qui profita de l'arrêt pour aller faire un tour dans un autre wagon. Elle dut se frayer un chemin à travers l'épaisse foule de personnes qui se trouvaient là. Paro tenta de s'engouffrer dans une sorte de couloir, elle dut se frôler à des gens. Elle marcha au passage sur les pieds de quelqu'un. « Excusez-moi ... » Dit-elle à la personne avant de lever les yeux en sa direction. L'homme, d'une trentaine d'année, dont le visage était serti d'une somptueuse moustache, n'avait pas l'air énervé par son geste. Lorsque Paro l'avait dépassé et continué son chemin, le visage de l'homme réapparu dans son esprit. Elle se rendit alors compte qu'elle l'avait déjà croisé quelque part. Lorsque la jeune femme se retourna pour vérifier son intuition, il avait disparu. Etrange. C'est avec une moue dubitative qu'elle abandonna son idée pour continuer sa traversé.

Le trajet Calcutta-Jaipur avait duré plus d'une journée. Ce fut extrêmement épuisant, la jeune femme n'avait pas fermé l’œil durant le voyage. Soulagée que ce soit terminé, Parvati s'engouffra hors du wagon et se mêla à la foule de voyageurs dans la gare de Jaipur. Elle y était enfin arrivée. Tout en marchant, la belle Paro époussetait ses affaires recouvertes de la poussière du trajet. Elle remonta son paquetage qu'elle avait accroché derrière son dos. Il fallait maintenant trouver une planque avant de commencer toute investigation. Le temps lui était compté mais, au vu de son état de fatigue actuel, il fallait au moins qu'elle puisse ôter cette affreuse tenue puante et rapiécée pour quelque chose de plus sobre, de plus passe-partout.

Parvati avait quitté la gare, où elle avait profité d'un endroit où se changer et ne plus avoir l'air d'une sans abri (photo). Malgré cette étrange impression d'être suivie et espionnée, elle continuait sa route et était désormais à la recherche d'une auberge où elle pourrait se remettre de son épopée. Au bout d'une demi-heure, elle en trouva une, aux tarifs abordables, dans un quartier animé de Jaipur. Elle passa la porte d'entrée.






ₓfin d'une vie indigèneₓ
❝J'ai rêvé d'une vie où nous serions tous égaux devant la justice. Tous les hommes, toutes les femmes, travaillant dans un même but : le bonheur. Un monde utopique où même une jeune femme indienne, une orpheline, trouverait sa place parmi les autres mortels. Un rêve intouchable.❞

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Rakesh Mangeshkar


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 65 , et je suis ici depuis le : 15/11/2015

MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Sam 21 Nov - 11:46

Kill the traitor
voyage vers la vengeance


La nuit était moite, sombre et brumeuse, rien qui ne puisse faire peur de près ou de loin à l’homme qui traversait les ruelles de Delhi. Le regard fière, la tête haute, les gestes lents et mesurés, Rakesh avait depuis longtemps apprit qu’il ne servait à rien de se cacher dans l’ombre et de filer les proies à tâtons.  Qui pourrait croire que cet homme à l’air si sûr de lui, au regard d’un noir profond, à la fois séduisant et étrange soit en pleine filature. Cette frêle créature aux formes généreuses qui s’échappaient dans le crépuscule était sa première mission. Il ne connaissait que son nom et son visage, rien de plus, et il n’avait besoin de rien de plus. On lui avait demandé de l’observer, de la suivre, de la protéger en tant que fleur du clan, mais aussi de la tuer au moindre signe de traitrise.
Les Kalima se targuaient d’être sa nouvelle famille, mais rien ne ferait plus plaisir à cet homme de les détruire, c’était sa seule motivation, mais pour les atteindre il fallait entrer dans le cœur du démon, le connaître intimement de l’intérieur et donc se faire accepter, exécuter les ordres des chefs avant de pouvoir leur couper la tête. L’adorateur de Shani n’avait eu aucun mal à se faire accepter parmi les rangs les plus bas de cette organisation, il avait suffi de casser un ou deux bras, de se faire tatouer la plante des pieds, de jurer fidélité au clan, mais tout ceci n’était rien face à la soif de vengeance dont il pouvait faire preuve. Une vengeance qu’il aurait été bien difficile à lire sur son visage.
La gare de Calcutta se remplissait doucement, Rakesh monta dans le train, s’assit entre deux hommes aux pieds nus qui parlaient assez fort pour cacher sa présence au moindre intérêt inquisiteur, et porta son regard sur la jeune femme recouverte de tissus poussiéreux et misérables. Elle avait le visage de la fille du sage Brhigu, mais le regard d’Indra. C’était à la fois fascinant et étrange de l’observer perdre son regard sur le monde extérieur, un mon qui défilait devant ses yeux à présent que le train bringuebalant ses voyageurs s’enfonçait dans de sauvages contrées indiennes.
Le sommeil gagnait les voyageurs après que les premiers repas furent sortis de leurs boites, Rakesh garda un œil sur la fleur épineuse qu’il devait surveiller feignant le sommeil pour n’éveiller aucun soupçon. Dans cette lueur fraiche du crépuscule il sembla percevoir une présence étrange, et il se surprit à caresser le kaua* qu’il portait sur le dos de la main comme lorsqu’il était plus jeune.

•••

« Excusez-moi … » La foule c’était pressée vers les lieux d’aisance, sortant du train pour les plus pressés, rameutant les badauds entre les wagons, Rakesh était sorti lui-même pour e soulager puis était retourner dans le train afin de rejoindre sa place, c’était là qu’ils c’étaient croisés. La voix si particulière de la jeune femme l’avait frappé, une voix grave pour une femme, légèrement déraillée, une voix qu’il ne se serait jamais attendu à entendre dans pareille bouche. Il n’avait pas vraiment réagit, un simple signe de tête soulignant l’excuse de la jeune femme, puis il avait continué son chemin, feignant de ne pas garder son regard porté sur elle et ne la quittant pourtant pas d’un pouce.
Le train reprit sa route tortueuse entre la jungle et le désert. Parfois des groupes d’enfants sortis des villages couraient autour du train, réclamant attention et argent, mais l’ancien enfant de Dehli ne savait que trop bien ce que cette bande de pieds nus aux pantalons blanc faisait des sous jetés par les fenêtres et les portes, et c’était pour cela qu’il ne sortait jamais une seule pièce de ses poches.
Après de trop longues heures la machine infernal s’arrêta enfant, laissant derrière elle une trainée de poussière et aux voyageurs une lourdeur sur les reins et l’estomac. Mais rien ne semblait pouvoir alourdir le pas de la petite fleur que Rakesh devait suivre, déjà elle fendait la foule à la recherche d’un lieu protecteur. Profitant de la pause que la jeune femme avait faite pour se changer, Rakesh sorti un petit paquet de tabac anglais qu’il avait troqué contre un faux pendentif porte bonheur à un vieil homme originaire de Cambridge qui lui avait trouvé un air « sympathique » il y avait de cela quelques jours dans les rues de Calcutta. Il n’y avait rien de plus étrange qu’un anglais ravi, c’était comme redécouvrir les traits de l’enfance, mais Rakesh ne s’y fiait pas, il n’avait pas plus confiance dans les indiens que dans les anglais, il n’avait confiance qu’en lui-même.
C’était pourquoi il c’était renseigné sur la jeune Parvati de son propre chef, il lui manquait certes quelques éléments, qu’il comptait bien découvrir au court de ce voyage mais si une chose l’avait frappé c’était la lourdeur du destin que les dieux cruels faisaient porter sur les épaules de cette enfant aux traits si fragiles.
La Kalima une fois un sari décent revêtu parti à la conquête de Jaipur, certainement à la recherche d’une auberge. Inconsciemment Rakesh accéléra le pas et pressa ses doigts sur son tatouage. Une présence sombre semblait se poser autour d’eux et il se rapprocha plus que de raison de la jeune femme sans qu’elle ne semble s’en apercevoir. Enfin Parvati porta son choix sur une auberge et y entra. Rakesh resta prêt de la porte quelques instants encore, finissant le fin bindi qu’il avait dans la bouche avant de s’engouffrer à son tour dans les lieux remplit de voyageur. Plusieurs visages se tournèrent vers lui, et il feignit d’ignorer l’hostilité des quelques anglais qui se trouvaient dans un coin de la pièce. Des hommes qu’il avait déjà remarqués dans le train et dans les rues de Jaipur …
La chambre qu’on lui accorda donnait sur la petite cour intérieure où se trouvait le point d’eau de l’hôtel. Après s’être lavé les pieds et les mains, Rakesh fit le tour de l’étage, gardant son regard sur la porte fermée de la chambre qui avait été louée par la jeune femme qu’il était censé surveillé, mais ses pensées suivaient de beaucoup trop près ces hommes étranges qu’il avait vu, son instinct lui intimait de ne pas baisser sa garde.

•••

Au beau milieu de la nuit, alors qu’il était encore pensé sur le balcon en bois, observant les allez et retour des blanchisseuses de l’hôtel, Rakesh entendit les premiers coups de feux, proches, bien trop proches. Des portes ouvertes, claquées, puis des cris de femmes et d’hommes pris au beau milieu de leur sommeil. Sans plus attendre, l’homme se précipita à travers les couloirs rejoignit sa chambre et s’empara du pistolet qu’il y avait laissé. Passant par la fenêtre il s’agrippa au toit et court dans la direction de la chambre de Parvati, arrivé au bon endroit il se faufila à nouveau par la fenêtre et trouva la jeune femme en alerte. Le vacarme continuait dehors. Sans lui donner le temps de répondre de réagir ou de donner l’alerte, Rakesh se glissa contre elle, l’empoignât vigoureusement et lui plaqua sa main sur la bouche.
« Pas un bruit. Suis moi ! » Les pupilles sombres des deux jeunes gens s’irisaient de défiance, mais les coups de feux continuaient, déjà un flot de personnes sortaient paniqués de l’auberge pour se rendre dans la rue, une rue elle-même prise entre deux feux. Qui étaient les commanditaires de cet assaut ? Rakesh n’en savait rien, mais son instinct lui intimidait que les anglais n’y étaient pas pour rien, et que ce n’était pas un hasard si une rue indienne aussi populaire soit atteinte. Malgré toutes ses interrogations, sa priorité était de mettre Parvati à l’abri, protéger la fleur tant que l’on n’avait pas de preuves de sa traitrise, c’était sa mission pour le moment. Elle avait désobéis était-ce une raison pour la tuer ? Pas pour l’instant aux yeux du gamin de Delhi, peut-être un peu plus tard aux yeux de celui qui recherche sa vengeance.







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Parvati Sharma


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Sam 21 Nov - 15:33

Kill the traitor
voyage vers la vengeance


Ce n'était, probablement, pas le lieu le plus respectable qui soit. La devanture extérieure ne laissait nullement imaginer l'aspect intérieur de la bâtisse. Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, la pièce était très sombre, une atmosphère pesante y régnait en maître. Odeur de tabac mêlée à celle du mâle, tout semblait fait pour qu'une femme, peu importe sa condition, se sente mal à l'aise dès l'entrée. Ce n'était que pour quelques nuits, elle ne risquait rien. En tout cas, après toutes ses années passées à s'entraîner chez les Kalima, elle savait se défendre. Son allure frêle ne reflétait en rien sa férocité et la violence de ses coups, sans compter l’arsenal qu'elle avait emporté avec elle. Dès qu'elle passa le pas de la porte, tous les visages de la pièce s'étaient tournés en sa direction, tels des faucons guettant leur future proie. Parvati leur répondit en leur jetant son air féroce, son regard de lionne. Certains avaient gesticulés sur leurs chaises, faisant grincer le bois sur le sol en pierre, d'autres s'étaient permis de toussoter discrètement. Quelques secondes suffirent pour que le silence provoqué par son arrivée soit vite dépassé par les sons rauques des voix des clients. La vie avait repris aussitôt.

« Une chambre pour deux nuits, pour une personne » Lança-t-elle, dans sa langue natale, à un homme qui se trouvait juste derrière le comptoir. Des rires fusèrent non loin d'elle, elle tourna la tête dans leur direction. Un groupe d'étrangers, sûrement des britanniques, semblait amusé par Parvati. Ils la pointèrent du doigt comme si c'était un animal de foire, des sourires niais s'étalaient sur leurs visages velus aux traits tirés. Ils étaient jeunes, sûrement des soldats vu leur accoutrement. L'indienne plaça ses mains sur ses hanches menues et leur jeta un regard combatif. « Vous avez un problème les gueux ? » Leur criait-elle, toujours en bengali. Évidemment ils n'avaient rien compris. Le propriétaire des lieux lui conseilla de se taire immédiatement, si elle ne voulait pas être virée de l'établissement. Les clients, qu'elle avait insultés il y a quelques instants, n'avaient pas compris ce qu'elle leur avait dit, cependant ils avaient bien noté le ton sec et cassant qu'elle avait utilisé. Le plus vieux d'entre eux, qui devait avoir une trentaine d'années, pas plus, c'était levé de sa chaise. Alors que l'étranger s'apprêtait à se déplacer en sa direction, le propriétaire des lieux lui jeta une clef sur le comptoir, lui indiquant vivement de quitter les lieux. Sa haine envers les britanniques était tellement viscérale, tellement profondément ancré en elle, elle dut se faire violence pour suivre les conseils de son compatriote. Une insulte murmurée entre les lèvres, cette fois-ci en anglais, elle s'éloigna de la zone de conflit pour monter à l'étage.

L'indienne poussa la lourde porte en bois, un grincement désagréable retentit. Le confort de cette chambre était plus que rudimentaire, mais ça lui suffisait amplement. Un lit miteux dans un coin de la pièce, une petite table, un bougeoir et une grande fenêtre. Au de-là du manque d'électricité, qui ne la dérangeait pas, la pièce sentait le renfermé. Parvati verrouilla la porte derrière elle, puis déposa son paquetage sur le sommier en cordage tissé. Elle se dirigea vers la fenêtre d'où elle pouvait voir la cour extérieure, puis en profita pour aérer la chambre. L'air était vraiment agréable, légèrement frais pour ce mois d'Ôgrohaeon. Parvati abandonna sa contemplation du monde extérieur pour s'installer sur son lit et défaire son sac de voyage. Des vêtements, des bougies, de quoi écrire et surtout, des armes et des fioles contenants des liquides interdits. Elle allait profiter de cette fin de journée pour organiser la recherche du traitre tant convoité.

La nuit était tombée. Le visage éclairé à la bougie de la belle indienne, était rivé sur une feuille de papier. Une fine écriture calligraphiée formait un long paragraphe. Une personne qui n'aurait pas connaissance des codes du groupe ne pourrait pas comprendre. Évidemment cette lettre était destinée à l'un de ses demi-frères, Naveen, le moins traditionnel de tous. Elle l'informait de son désir de retrouver la trace de son fiancé, qu'elle reviendrait directement après sa mission. Parvati posa son stylet et poussa son plaidoyer de côté pour s'intéresser à la carte de la ville, qu'elle avait récupérée dans une bibliothèque de la capitale. Sur ce vieux bout de papier moisi, un rond noir avait été incrusté. La jeune femme s'était servie de son khôl pour entourer la rue dans laquelle était censée se trouver la villa de la famille de Rahul.

Des détonations la sortirent brutalement de sa concentration. D'où cela provenait-il ? Parvati se leva de sa chaise, comme si on lui avait piqué le bout des pieds avec un couteau. A nouveau, un bruit sourd retentit dans la cour. Alors qu'elle pivota en direction de son lit pour prendre une arme, elle se sentit poussée en arrière par une ombre massive et ne put plus parler, ni crier, pendant un court instant.

Il était là, l'homme du train à la moustache impressionnante. Il était collé à elle, comme une moule à son rochet, il avait immobilisé ses poignets entre ses paumes fermes et puissantes. Ses iris sombres étaient comme aspirées par son regard ténébreux. L'inconnu lui ordonna de le suivre sans faire de bruit. Qui était-il et que faisait-il là ? Comment osait-il poser ses mains sur elle ? Après être resté pendant quelques secondes à combattre son regard, la jeune femme réussit à désarçonner son adversaire et à lui donner un coup dans la mâchoire. Parvati le plaqua au sol et tira sous son jupon un discret couteau. La tigresse posa la lame bien aiguisée contre la gorge de son assaillant. « Qui es-tu ? QUI ES-TU ? » Cria-t-elle. Des bruits de tires retentissaient toujours à l'extérieur. « Je sais que tu étais dans le train, alors que fais-tu ici et pourquoi es-tu là ? Tu es venu m’éliminer ? » Parvati maintenait la lame sans trembler, ses yeux de sauvageonne ne le quittaient pas. Elle sentait son cœur tambouriner contre sa poitrine, sa respiration était haletante. L'homme en dessous d'elle n'était pas serein, lui non plus. « Répond-moi ! » Elle insista à nouveau, pressant de plus-en-plus la lame contre la peau rougeoyante de son agresseur. Quelques gouttes écarlates glissaient le long de sa gorge.






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Rakesh Mangeshkar


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Dim 22 Nov - 23:03

Kill the traitor
voyage vers la vengeance


L’attaque avait été rapide mais désordonnée, Rakesh pouvait le savoir au nombre de cris et aux coups de feux donnés. Au dehors une certaine panique ballotait les foules qui se pressaient à grands pas d’aller chercher les autorités ou bien de se rapprocher de l’action afin de  voir d’un peu plus prêt ce qui se passait. Une belle cohue qu’il aurait été temps de rejoindre pour se protéger et ne pas être inquiété par ce qu’on pourrait penser d’une jeune femme portant sur elle d’étranges fioles et d’un homme porteur d’une arme à courte portée.
Mais ce qui aurait été une bonne chose et ce qui allait se passer étaient deux avenirs bien différent, ce fut encore un cri qui fendit l’air au moment où la fleur cognait sur sa mâchoire, mais Rakesh se surpris à comprendre assez vite que ce cri n’était pas le sien, non, c’était un cri de rage, un cri de tigresse qui protège sa vie. Le cri de Parvati qui refusait de se laisser sagement faire. L’indien se retrouva alors bien vite au sol, un couteau contre la gorge.

La pression du corps mince de la jeune femme était étonnement puissant, son entrainement au sein des Kalima avait été des plus bénéfique, car Rakesh en était certain, on ne pouvait acquérir seul une telle technique.
Un sourire fendit le visage de l’homme tandis qu’au dehors des cris de stupeurs continuaient de venir à leurs oreilles. Ici un tout autre combat se jouait, un combat entre deux furieux  qui n’allaient certainement pas se laisser faire si facilement, si Parvati l’alpaguait, criant à son oreille son accent typique bengali. Rakesh lui ne put s’empêcher de sourire, sa moustache s’agrandissant au-dessus de sa lèvre supérieure. Qui il était et ce qu’il voulait, au final cela n’avait pas grande importance, il était qui il était, et il ne voulait rien sinon mener à bien sa mission. Quant au faite de la tuer ou non, il n’avait pas encore fait de choix, ce choix ne lui appartenait pas plus qu’un autre depuis qu’il était entré dans le clan, ses choix ils les faisaient pour grimper les échelons comme il avait toujours su le faire, peut importer combien de vies cela pouvait couter, ou combien de larmes pouvaient couler. Il avait sa propre vengeance à mener, et c’était cela le plus important. Tout le reste, même la vie de la jeune femme au regard furibond, n’était que des étapes.
Le sourire de Rakesh s’agrandissaient, jusqu’à se muer dans un rire presque dément. En réalité il trouvait la situation beaucoup trop drôle pour se retenir. Elle sentait tout cette petite là, mais elle n’avait pas peur, non, elle était déterminé, aussi déterminé que lui mais pour le moment elle n’en savait rien alors que lui l’avait deviné.
Le sang commençait à couler sur sa gorge et l’indien ressentit une légère brûlure, la petite fleur des Kalima était en train de le couper, de trancher sa peau avec sa rage, ça ne pouvait continuer.

« Je suis Rakesh Mangeshkar, et il n’appartient qu’à toi que je te tue ou non … »
D’un mouvement rapide de la main Rakesh se dégagea de la poigne de Parvati et attrapa un pan du sari de la jeune femme l’obligeant à se coler à lui, et coupant ainsi tout mouvement de son petit couteau. Ainsi à quelques centimètres d’elle il pouvait presque sentir l’odeur de sa peau, mais ce dont il n’arrivait à se détacher c’était de ses yeux, immenses océans d’obstination qui restait fixés sur lui.
Relevant le bassin, Rakesh fit basculer Parvati sur le côté et la projeta sans aucune somation sur le sol, laissant le corps de la jeune femme choir sans plus de précaution il se releva et passa une main sur sa gorge, observant le sang sur ses doigts un instant il jura sous sa moustache et observa par la fenêtre. A présent plusieurs groupes c’étaient rassemblés et les autorités, repérables à leurs turbans caractéristiques fendait la foule tandis qu’un autre groupe de protection venu tout droit des rangs de l’armée anglaise barraient le passage à quiconque.

« Genial … moi qui voulait sortir discrètement, on a plus vraiment le choix maintenant. Comment je vais expliquer nos arrestations à Jamwal-ji. »
Se tournant vivement vers Parvati, il l’observât un instant, à présent elle devait avoir compris à peu près pourquoi il était là, maintenant elle devait se demander si il allait la tuer ou non au nom du clan, maintenant qu’ils étaient dans le même bateau, Rakesh avait surtout l’impression qu’il c’était fait coller la pire mission possible, et qu’est-ce que cette fleur-là avait de particulier, il aurait suffi de l’empoisonner à son retour. Mais enfin ce n’était pas la question à poser pour le moment, pour le moment il fallait trouver un moyen de sorti.
« Elle est à toi  cette carte ? » demanda-t-il en pointant un bout de feuille marqué et épais.
« Oh je t’en prie… je t’aurai déjà tué dans le train ou dans la rue tout à l’heure si j’avais vraiment envie de le faire. Et ne t’avise plus jamais de pointer ça de nouveau sur moi ! » dit-il en donnant un signe du menton vers le couteau de Parvati.

A présent des voix d’élevaient du dehors, des voix à l’accent grinçant, des paroles anglaises. Si Rakesh appréciait le trafic facile et sans mesure que les anglais pouvaient faire sous le manteau, il était beaucoup moins adepte de leurs techniques d’intimidation auprès de la population indienne, et il n’avait pas envie de se retrouver mêler à ça de prêt ou de loin. Il fallait qu’il sorte, mais il ne pouvait pas sortir seul, il devait protéger la membre du clan, si elle mourrait sa preuve de sa trahison, sa tête sauterai aussi, il fallait donc qu’ils restent l’un avec l’autre, mais ça Parvati l’accepterait-elle.







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Parvati Sharma


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 216 , et je suis ici depuis le : 24/09/2015

MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Lun 23 Nov - 9:15

Kill the traitor
voyage vers la vengeance


La panique régnait à l'extérieur, malgré l'heure tardive. Les autorités indiennes et anglaises s'étaient unies aux abords de l'auberge, tentant de retrouver l'origine de cette pagaille. Les cris des femmes, mêlés aux pleures des enfants, formaient un fond sonore désagréable. On se serait cru en temps de guerre, lorsque les anglais ont commencé à coloniser l'Inde. Pour l'instant, cette scène semblait lointaine.

Son regard perçant ne quittait pas celui de son adversaire. Elle ne voulait pas cligner des yeux, de peur que celui-ci en profite pour s'échapper. Parvati comprit très vite qu'il était aussi obstiné qu'elle. Lorsqu'un affreux sourire narquois vint se fondre dans le visage de l'étranger, la jeune femme fut prise de stupeur. Comment osait-il afficher un sourire alors qu'elle le menaçait avec une arme ? Et il continuait. Il riait, même ! Oh, elle voulait tellement, à ce moment-là, lui couper sa moustache, juste pour le faire taire. Uniquement pour voir une expression déconfite sur son visage. Elle n'eut pas le temps. Quand l'inconnu déclama son identité, de façon presque théâtrale, il la rapprocha d'un geste brusque. Parvati lâcha son arme. Ils étaient tellement proches, trop à vrai dire. La jeune indienne pouvait discerner chaque détail de son visage. Son impressionnante moustache lui chatouillait les lèvres. Et ce regard si noir était tellement hypnotisant qu'elle en oublia de respirer pendant quelques instants. Ce fut court. En deux temps trois mouvements, Paro se retrouva projetée sur le côté suite à un puissant coup de bassin. Dans sa chute, elle se cogna le crâne contre un pied du lit. Le bruit du choc fut camouflé par la déflagration d'une arme à feu.

Quand le prénommé Rakesh évoqua le nom Jamwal, Parvati ne put s'empêcher de l'examiner de façon suspicieuse. Quel était le rapport entre la présence de ce bourrin à Jaipur et la famille Jamwal ? Avaient-ils prévu qu'elle s'enfuirait ? Était-ce un plan de Naveen ? Après tout, c'est lui qui lui avait donné ces informations. C'était pourtant plus le style de Samir, qui tentait de la détruire depuis son arrivée dans le clan. Son esprit était embrouillé. Tout ce dont elle était certaine, c'était que ce Rakesh faisait partie du groupe. Sinon il ne serait pas présent et on ne lui aurait pas dit de la suivre. Parvati maudissait intérieurement la personne qui lui avait donné cette mission, elle maudissait aussi la témérité de cette étrange personne qui lui faisait face. « Cette carte est à moi, ce n'est pas tes affaires » Sur ces mots, la rebelle s'empara de la carte et la rangea sous ses vêtements. Elle en profita pour brûler la lettre qu'elle avait commencée, elle la laissa se consumer par terre. Une auréole noirâtre se forma sur le sol. Elle toisa son adversaire avec un air de défi, tandis que celui-ci la menaça indirectement en lui montrant la marque qu'elle avait créée au niveau de son cou. « Je ne savais pas que les nouveaux du groupe étaient aussi ... balourds. C'est ta faute si tu m'as laissé te charcuter comme un vulgaire poulet » Après sa phrase purement mesquine, la belle indienne se mis à ranger ses affaires, formant un ballotin de tissu, qu'elle glissa sous sa tunique.

Parvati s'empara de la main de Rakesh pour le tirer en dehors de la chambre. Ils dévalèrent les escaliers en bois à une vitesse impressionnante, pour s'engouffrer dans un passage qui menait aux cuisines. Il y avait du monde dans les couloirs. Les gens ne semblaient pas savoir où aller. Les deux indiens réussir à sortir par une porte dérobée, normalement réservée au personnel, et se retrouvèrent dans une rue de Jaipur. Ils pouvaient entendre la panique de la population, dans une rue adjacente. Le duo s'enfuit dans le sens contraire, pensant pouvoir éviter les contrôles des policiers. Grosses erreur.

Une bande de soldats leur faisait face, ils se trouvaient à une dizaine de mètres d'eux. « Arrêtez-vous ! ». La main de Parvati vint serrer la manche de Rakesh. « Ne bougez pas ! Qui êtes-vous et pourquoi êtes-vous en train de vous enfuir ? » Le petit groupe s'approchait dangereusement d'eux. Les deux rebelles auraient pu aisément les battre si ces anglais n'avaient pas été aussi bien armés. La jeune indienne tenta alors une tactique de diversion purement féminine. « Ahhhrg ... » Parvati feignit de se tordre de douleur en se tenant le ventre. Le ballotin de tissus, qu'elle avait placé sous sa tunique, formait un ventre rond de femme enceinte, si on ne s'approchait pas trop pour vérifier. La jeune indienne fit semblant de se maintenir grâce à Rakesh en prenant appui sur son épaule. Est-ce que sa feinte allait fonctionner ? Les anglais, au début perplexes, finirent par les laisser passer sans les arrêter. Le coeur de la jeune femme tambourinait tellement dans sa poitrine qu'elle en avait mal.

Alors qu'ils passèrent doucement devant les soldats, les deux indiens retenaient leur respiration. Ils étaient presque au bout de la rue lorsqu'ils entendirent, au fond. « Je la reconnais ! C'est la femme de l'auberge ! » Ils eurent à peine le temps de changer de rue qu'ils se mirent de nouveau à courir comme des dératés. Aucun des deux ne savaient où ils allaient. L'objectif était désormais de trouver un endroit où se réfugier et où ils n'auraient pas affaire aux autorités.

La pièce dans laquelle ils se trouvaient était sombre. Les volets étaient fermés. Ce n'était pas la lueur des étoiles qui allait les aider à s'orienter dans l'espace. Tout ce que Parvati savait, c'était qu'ils avaient forcé la porte d'une maison et qu'ils s'étaient introduits à l'intérieur pour se cacher. Heureusement pour eux, elle semblait inhabitée. Les deux indiens étaient à bout de souffle. Paro s'était affalée dans un coin de la pièce, la respiration haletante. Elle avait enlevé ses affaires de sous sa tunique pour les poser, sur ce qui devait être une table. La jeune femme passa une main tremblante sur son visage couvert de sueur. Comment en étaient-ils arrivés là ? Dans la pénombre, la belle indienne put distinguer la silhouette massive de Rakesh. Elle aurait bien voulu pouvoir entrer dans son esprit pour y découvrir la raison de sa présence. « Alors, le nouveau ... heureux qu'on t'ait refilé cette mission ? Tu pensais t'en sortir si facilement ? » L'indienne ne put s'empêcher de pouffer de rire dans son coin. Se moquer de cet homme lui faisait énormément de bien. Et puis, il le méritait.







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❝J'ai rêvé d'une vie où nous serions tous égaux devant la justice. Tous les hommes, toutes les femmes, travaillant dans un même but : le bonheur. Un monde utopique où même une jeune femme indienne, une orpheline, trouverait sa place parmi les autres mortels. Un rêve intouchable.❞

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Rakesh Mangeshkar


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Lun 23 Nov - 10:57

Kill the traitor
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Plus aucun doute, pour sortir d’ici il faudrait user de ruse et surtout courir vite, mais à deux cela paraissait bien plus difficile aux yeux de Rakesh de faire effort commun, après tout cette fille-là était bien trop indépendante et folle pour être une bonne alliée à ses yeux. Elle ne cessait de rivaliser d’obstination et de défiance à son égard, sans compter sa mesquinerie. Non vraiment il était sur le point de la laisser tomber ici sans prendre plus soin d’elle, après tout il n’aurait qu’à dire qu’il l’avait perdu en chemin, qu’elle était bien trop frêle pour être reconnue dans les ruelles de Jaipur, et même si sa réputation en prenait un coup ce n’était pas bien grave.

Mais Rakki n’eut pas le temps de finir sa propre réflexion sur le moyen d’abandonner Parvati ici que déjà cette dernière lui attrapait la main et lui faisait parcourir les couloirs de la bâtisse et dévaler les marches. Autour d’eux les fuyards du bâtiment ne prenaient pas vraiment garde à leurs dégaines, mais une fois dehors se fut une tout autre histoire avec les militaires.
Le cœur de Rakesh c’était emballé et sans vraiment s’en rendre compte il c’était placé légèrement en retrait de Parvati, pour la protéger de toute sa stature d’assaillant éventuels. Mais encore une fois la petite n’était pas sans ressources, et alors qu’on commençait à les questionner, elle se mit à se tordre de douleur en s’accrochant à son bras, caressant un ventre proéminant alimenté de ses propres affaires. Par Shani, cette fleur-là était maligne, et il ne fallut pas plus de temps au casseur pour se pencher vers elle tel le mari qu’il devait simuler d’être en lançant un regard implorant aux militaires qui se trouvaient devant eux.
On leur fit de la place, et ils continuèrent à marcher à pas mesurer, Rakesh tenant le pan du sari de Parvati fermement dans sa main, son autre bras caché des militaire bien en vue de la jeune fille, lui faisait signe de se dépêcher tandis qu’une moue inquiète se formait sous sa moustache. Il sentait bien qu’ils n’étaient pas sortis d’affaires, et il n’avait pas tort, puisque quelques mètres plus loin, un groupe d’étranger semblèrent dire quelques mots au sujet de Parvati et que l’on commençât à les poursuivre.

•••

Les ruelles de Jaipur étaient étroites et malodorante dans cette partie de la ville qui débouchait sur la tannerie, juste avant d’arriver au marché, heureusement pour les deux indiens, ils avaient l’habitude de ce type d’architecture propre à leur pays, bien éloigné des villes polissées d’où venaient ces anglais. Il ne leur suffisait que de quelques sauts pour passer d’une rue à l’autre, mais leur course commençait sérieusement à les fatiguer, et tandis qu’ils étaient sur le point de s’arrêter Rakesh attira Parvati contre lui et lui désigna une bâtisse qui semblait sur le point de tomber en ruine. Il frappât de toutes ses forces dans la porte en bois, ne prit pas la peine de se déchausser ni de dire les mots consacrés, et fit entrer sans plus de cérémonie Parvati à l’intérieur tout en la tenant par le haut du bras avant de la suivre.
Peut-être seraient-ils maudits pour cela, mais il y avait plus urgent que la malédiction, il fallait qu’ils sauvent leurs peaux. Grimpant le premier étage, les deux indiens c’étaient réfugiés dans une pièce sombre et crasseuse, il n’y avait qu’une petite fenêtre aux volets cassé pour observer les mouvements de la rue, et c’était là que Rakesh c’était posté pour garder un œil sur les aller et venus. Les anglais passèrent deux fois dans la rue en courant, mais ne pensèrent jamais à regarder en direction de la maison, et le casseur s’autorisa alors à lâcher la rue des yeux et à marcher doucement dans la pièce en sortant un bidi de sa poche.

«Alors, le nouveau ... heureux qu'on t'ait refilé cette mission ? Tu pensais t'en sortir si facilement ? »
Rakesh se retourna vers elle en plissant les yeux, une expression mauvaise sur le visage. Il avait une furieuse envie d’en décoller une à cette petite impertinente. Il était son aîné et il était un homme comment pouvait-elle se permettre autant de liberté ? Elle ne devait pas être bien élevée chez les Kalima, ou alors on lui avait laissé bien trop de liberté, il n’aurait jamais accepté de telles paroles de ses propres femmes à Delhi.
« Je ne sais pas pourquoi tu sembles si précieuse aux yeux des Kalima, tu es presque trop vieille pour te marier, et tu as le caractère d’un animal … tu dois être une sacrément bonne empoisonneuse, à moins que tu ais troqué quelques charmes avec les garçons du clan … montre moi ça un peu. »
Dos posé sur le mur qui faisait face à Parvati, Rakesh l’observait de toute sa stature, la provoquant volontairement, eux qui avaient fait tant d’efforts de consœur pour s’en sortir, voilà qu’ils se parlaient comme des chiens s’aboieraient dessus. Sans aucune distinction de ce qui pouvait faire mal ou non à l’autre, mais Rakesh s’en contre fichait, il était reconnaissant à Paro d’avoir joué le jeu ainsi et de l’avoir aidé à ce qu’ils restent en vie, mais il n’allait certainement pas lui montrer, surtout pas si elle montrait si peu de respect envers lui.
Il n’était peut-être rien dans le clan, mais il ne se laisserait pas faire si facilement par une petite tigresse, aussi belle soit-elle.







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Parvati Sharma


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Lun 23 Nov - 11:51

Kill the traitor
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La jeune femme savait que ses mots allaient vexer son homologue masculin. Sa phrase venait de toucher sa virilité, au plus profond de son être. Parvati aimait faire ça, directement ou indirectement. Souvent pour tester. Et comme aucun homme digne de ce nom n'accepte qu'une femme ne lui soit supérieure, ou tout simplement qu'elle l'imagine, c'est impensable à leurs yeux, ils finissent par mal le prendre. C'était peut-être pour cela qu'aucun d'entre eux ne supportait travailler à ses côtés. Heureusement pour elle, il y avait des femmes dans le groupe de rebelles. De toute façon, l'indienne ne voulait pas qu'on l'associe à un homme, de quelque façon que ce soit. Depuis l'assassinat des membres de sa famille et la trahison de son fiancé, Paro n'avait plus foi en personne. Et ce malgré les efforts constants de sa nouvelle mère, Abilasha Jamwal. Combien de fois lui avait-elle fait la morale ? Combien de fois lui avait-elle appris à se taire face à un homme ? C'était peine perdue. Le corps de la jeune femme portait encore les traces des punitions qu'elle avait reçues à cause de son insolence. Peu lui importait de toute façon.

Lorsque la réponse de Rakesh fusa, celle-ci eu l'effet d'une bombe dans l'esprit de la jeune femme. Elle le fusilla du regard, offusqué par tant de violence dans ses mots. Pour elle, c'était encore pire que ce qu'elle lui avait dit. C'était honteux. Parvati serra si fort ses deux poings que ses jointures craquèrent bruyamment. Elle poussa un profond soupire pour faire baisser la pression. Encore un mot de sa part et elle ne se retiendrait plus. Peu importe qu'il fasse parti réellement du clan. Cet homme, ce ramassis de poils, cet espèce d'énergumène boursoufflé d'importance. Il n'était rien d'autre à ses yeux qu'un vulgaire pion. La belle indienne se mit à faire les cents pas dans la pièce, faisant balancer sa longue natte derrière son dos. Elle ne devait pas lui répondre, elle devait se contenir. Quand Parvati regardait dans sa direction, il avait toujours cette position de voyeur avec son air malveillant. L'indienne détournait alors son regard. Non, elle devait se calmer. Enfin, elle s'arrêta. Dos à son adversaire. Ses yeux noirs de haine étaient rivés sur le plancher de la pièce. Son cœur c'était apaisé, il ne fallait plus qu'elle rentre en contact avec cet homme, de quelque manière que ce soit, sinon ... Trop tard, la jeune femme sentit une main se poser dans le creux de ses reins.

Rapide comme l'éclaire, la rebelle fit voler sa main dans l'air en direction de son assaillant. Celle-ci fut arrêtée tout aussi promptement. Face-à-face, elle ne put contenir ses ardeurs. « Lâche-moi ! » Grogna-t-elle, les lèvres pincées, le regard sombre. Rien à faire, il était coriace. « Sache qu'une femme n'a pas pour unique but dans la vie que d'épouser des sales types comme toi. » Cassante, comme toujours. Et ce n'était que le début. « Oh oui, ce sont les gens comme toi qui nous fournissent des "soi-disant" buts, vous forgez nos esprits pour que nous vous soyons dévouées et que nous n'ayons pas d'autres envies que de nous occuper de vous. Erreur ... » Son ton s'était calmé. Elle ne criait plus. « Ne parle pas de mariage face à moi, tu n'en es pas digne et tu ne le seras peut-être jamais. Ma place dans le groupe ne te regarde pas, ni mon importance à leurs yeux. Sache une chose petit vaurien ... » Parvati relâcha son emprise en agitant d'un coup son bras. Elle lui fit face, fière et déterminée. « Si tu veux partir, soit, je ne te retiens pas. Si tu oses m'insulter à nouveau, je mettrais ma vie entre les mains des dieux pour t'éliminer sans la moindre pitié. Tu ne me connais pas, alors tais-toi »

Oui elle était vexée, profondément. Rakesh avait touché, peut-être sans le vouloir, un point sensible. Désormais peu lui importait de passer pour une insolente ou une sauvage. Qui allait la punir ? Abilasha ? Elle n'était pas là. Naveen ? A son retour, peut-être se moquerait-il d'elle. Samir ? Sans aucun doute, il prendra sûrement des mesures nécessaires pour l'éloigner encore plus des actions du groupe. Rakesh ? Peut-être oserait-il, mais pas sans action en retour de sa part. Et puis, comme il l'avait si bien dit, elle était importante à leurs yeux.

Ils étaient toujours en position offensive. Chacun semblait prêt à dégainer ses armes. La tension était palpable. Dehors, les soldats patrouillaient toujours dans les rues. Parvati observait toujours Rakesh, elle n'avait pas reculé lorsqu'elle avait dit ses mots. Elle était consciente de la portée de ces derniers. Une femme, normalement faite, n'oserait jamais s'attaquer à un homme, encore moins quand celui-ci devait être deux fois plus large et costaud qu'elle. La rebelle avait vu bien pire. Après tout, n'avait-elle pas battu Naveen lors de certains combats ? A vu d'oeil, il devait être plus fort que cet homme. La belle Paro approcha sa main du visage de son confrère, non sans mouvement de recul de sa part. Méfiance oblige. Lorsque son index atteint son but, elle se mit à passer son doigt le long de sa moustache, le sourire aux lèvres. Son attitude de guerrière transformée en celle d'une séductrice. « Sache aussi que je n'use pas de mes charmes sur n'importe qui ... ». Sur ses mots, elle se permet un clin d’œil malicieux ainsi qu'une petite tape sur sa joue puis s'éloigna, par principe de précaution.

Elle savait que l'action qu'elle venait de faire ne resterait pas impunie, c'est pour cela qu'elle avait préféré garder ses distances. Parvati était rebelle, pas folle. C'est avec un air presque serein qu'elle lui dit cette dernière phrase. « Si tu veux partir, c'est le moment. Pars. Rentre chez toi avant de plus t'impliquer dans le groupe. Tu mettras bien plus que ta vie en jeu. Pars, dis-leur que tu ne m'as pas retrouvé, ils te croiront. » Après ça, la belle indienne se tut, attendant la réaction de son partenaire, qui n'allait pas tarder à venir.







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Rakesh Mangeshkar


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Lun 23 Nov - 22:55

Kill the traitor
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La nuit était sombre et pourtant rien ne semblait plus lumineux qu’une ville indienne, aussi étrange soit-elle que Jaipur et ses colonies de personnes toutes plus différentes les unes que les autres. A côté des maisons abandonnées se trouvaient les plus beaux magasins de tissus et la nourriture se cuisait à même le sol dans les ruelles de terre tandis que les femmes affichaient encore à cette heure une mine ravie d’enfants faisant le mur malgré leurs âges avancées.
Mais quelque part dans cette ville, alors que l’animation était à son comble suite aux esclandres d’un groupuscule ayant apporté violence et affolement au sein d’une auberge, deux âmes étaient en train de bouillir. La nuit ne les rendaient ni fatigués ni étourdis, ils suivaient le rythme effréné des astres et se jaugeaient du regard. Rakki et Paro, ils ne se connaissaient pas avant ce matin, et pourtant les dieux seuls avaient empêchés leurs chemins de se croiser plus tôt car tous les prédestinaient à se rencontrer. Leurs soifs de vengeance étant un fil bien solide dont ils c’étaient servi l’un et l’autre pour créer leurs carapaces. Pourtant leurs vies étaient bien différentes, et c’était peut-être pour cela que leur seul moyen de communication était devenu la provocation à cette heure, alors que quelques minutes plus tôt ils avaient couru main dans la main à la recherche d’un abri. Leurs planètes n’étaient pas alignées.

Le contact entre les deux jeunes gens fut bref, mais la paume de la main de Rakesh avait frôlé la peau de Parvati et il l’avait senti brûlé, les mots affreux qu’il venait de lui balancer au visage avait enflammé la jeune femme, la tigresse avait donc bien une faille, laquelle ? Et comment l’exploiter ? Il ne savait pas, il n’empêcher qu’il sentait que la vibration en elle n’arrivait pas à se tarir. La main de la fleur virevoltât près de son visage, prête à le frapper à nouveau, mais cette fois le casseur parât le coup, comprenant rapidement ce qu’elle comptait faire et il sera le poignet frêle de Paro entre ses doigts puissant tout en plongeant à nouveau son regard dans ses prunelles, cherchant à la sonder. C’était la première fois peut-être qu’il se trouvait en présence d’une femme qui soutenait ainsi son regard alors qu’il se trouvait si près d’elle, depuis qu’il était un homme adulte il n’avait jamais eu à faire à pareil femelle autour de lui. Il ne savait pas encore si il appréciait ou détestait cela, le fait est qu’il était obligé de faire avec pour le moment.

« Lâche-moi ! » Mais il ne l’a lâchât pas.

•••

Les paroles de Parvati étaient abstraite pour un homme comme Rakki, il l’écoutait, continuant de froncer les sourcils tandis qu’il se concentrait sur les variations de voix de Parvati, elle avait encore un léger accent, mais elle paraissait sûre d’elle à chaque instant, montrant les dents comme un chat sauvage. Puis ses paroles se calmèrent devinrent comme le sifflement hypnotiseur du serpent. Elle jouait avec lui, essayant de lui faire la morale, mais elle ne savait rien de l’homme qu’elle avait en face d’elle. Elle l’appelait « vaurien », elle le toisait, se dégageait de son emprise pour revenir vers lui et passer un doigt sur sa longue moustache. Paro savait très bien ce qu’elle faisait, et Rakesh pouvait sentir la volonté de le déstabiliser dans sa manière d’agir, comme une chatte en chasse. Mais il ne comptait pas se laisser faire et ne voyait que trop bien dans le jeu de la jeune femme. Plus encore qu’il ne l’avait voulu avant, il désirait remettre cette petite impertinente à sa place. Ils avaient beau faire partie de la même famille maintenant il ne voyait en elle qu’une source à problèmes. C’était certainement ce qu’elle était d’ailleurs sinon pourquoi prendrait-on la peine de la faire suivre.
En entrant chez les Kalima, Rakesh ne s’attendait pas à devoir jouer les chaperons d’une petite effrontée de son genre, mais il avait vu bien pire avec ses filles à Delhi qui s’octroyaient toujours plus d’importance et se jalousaient mutuellement, bien que là il soit face à un autre problème, il n’avait aucun mal à paraitre calme extérieurement, et pourtant son for intérieur était en proie à une véritable bataille pour ne pas exploser sous la tension et la colère que Parvati faisait monter en lui.

« Petite peste. » finit-il par dire en serrant les dents tandis qu’elle s’éloignait de nouveau de lui après un clin d’œil qui aurait fait défaillir même un dieu de la guerre.
Croisant les bras sur son torse puissant Rakesh encra ses jambes dans le sol, continuant de darder ses yeux noirs sur la jeune femme. Encore en proie à l’hésitation latente entre le fait de la tuer ou de la laisser en vie, ne serait-ce que pour récompenser l’audace dont elle faisait preuve. Une audace qu’il aurait tôt faite de remettre en place s’il en avait eu l’occasion et le pouvoir.
Serrant les poings sur sa poitrine, il garda un instant le silence tandis que Paro prenait la tangente, s’éloignant le plus possible de lui. La petite fleur devait sentir qu’il n’était que trop peu indiqué de rester proche de cet homme lorsqu’il se mettait dans une telle position et démonstration de force et de détermination. Avant même qu’il ne put répondre Parvati l’encourageât à partir, à quitter le clan, à sauver sa peau. Mais elle ignorait tout de ce que représentait cet amas de chair pour l’indien. Sa vie il l’a menait au rythme de l’eau, se laissant porter là où se trouvait la situation la plus avantageuse et finissant toujours par accoster sur une autre rive. Si à présent il était chez les Kalima, il ne comptait pas y rester plus longtemps qu’il ne le faudrait en vérité.
« Tu n’as pas bien l’air de comprendre. Je me fiche de toi, si je ne ramenais qu’un pan de ton sari couvert de sang en inventant n’importe quelle histoire sordide, ils me croiraient là-bas… » Rakesh s’approcha près, très près de Parvati, et cette fois elle n’avait plus moyen de s’enfuir, coincée entre le mur et le corps du casseur.
Attrapant les bras de la jeune femme ils l’a plaquât contre le portant de la portant, n’ayant aucune considération pour la douleur qu’il pouvait lui faire.
« … mais tu caches quelque chose à la famille. N’essaye même pas de le nier, même eux le savent. Mais moi je ne suis pas eux. C’est la seule chose qui te garde en vie, ton secret. Je suis peut-être un vaurien mais je ne suis pas un idiot, et toi tu n’es pas née dans la rue, tu vas avoir besoin de plus de ruse que ça et de moins de rage si tu veux un jour parvenir à tes fins, quels qu’ils soient. »
Relâchant la jeune femme, Rakesh tira de sa poche son arme et la mit dans la main de Parvati. Un petit pistolet capable de se cacher dans n’importe quel turban ou sari.
« Si tu as l’intention de sortir garde le, on ne sait jamais si tu retombes sur ces anglais qui ont eu le béguin pour ta petite représentation de tout à l’heure. Sinon dors, demain on reprend le train pour Calcutta. »
Sur ces mots Rakesh fut prêt à sortir de la pièce à la recherche d’un puis dans la bâtisse afin de trouver un peu d’eau pour lui, et pour Parvati si elle ne partait pas à la recherche des ennuis encore une fois. L’enfant de Delhi savait bien qu’il se sentait obligé de la suivre si tel était le cas, après tout elle était sa mission, et le secret de la demoiselle l’intéressait, mais si il restait plus longtemps en sa présence il risquait fort de lui casser quelque chose, et cela n’aiderait en rien cette mission il en était certain.








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Parvati Sharma


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Mar 24 Nov - 4:40

Kill the traitor
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Parvati n'eut aucun mal à soutenir le regard de son homologue. Elle sentit un certain étonnement de la part de Rakesh face à son obstination. Cela faisait à peine quelques heures qu'ils s'étaient rencontrés, si on ne comptait pas la phase du train, et pourtant elle pensait déjà le connaître. Tandis qu'elle attendait sa réaction, elle le dévisageait de la tête aux pieds. De ce qu'elle avait pu remarquer, cet homme, grand de stature, devait aimer dominer les gens. Dans tous les sens du terme. La belle indienne avait vu une pointe de dégoût quand elle l'avait combattu physiquement, mais aussi lorsqu'elle s'était permise de se moquer de lui. Dans son entourage, il ne devait pas avoir de femme forte de caractère, ou en tous cas, aucune qui se permettait de le contredire. Rakesh devait aussi être quelqu'un de fière. A vrai dire, il avait probablement de quoi l'être. Au fond, le jeune homme n'était pas à plaindre, physiquement parlant. Intellectuellement, c'était probablement une autre paire de manche. Sa moustache, d'une netteté impressionnante, lui donnait un charme ancien qui n'était pas pour déplaire à Parvati. Cela lui rappelait étrangement son père qui, à l'époque, arborait le même style de ligne recourbée sous les narines. Et puis ces yeux, quels yeux ! Envoutants, captivants, glaçants même ! La jolie fleur ne doutait pas qu'il devait être parti de loin pour en arriver là où il était, qu'il devait avoir du mérite. Peu lui importait au final. Ce physique, ces yeux, cette voix à la fois si cassante et rassurante. En ce moment, ce n'était pas un homme qui était face à elle, mais un démon en proie à une vengeance contre sa propre personne. Parvati déglutit sans le vouloir lorsqu'il s'était rapproché d'elle.

Un pas en arrière ne suffit pas. A nouveau leurs corps s'étaient rapprochés de façon dangereuse. Encore un autre. Le mur l'arrêta dans sa course. Parvati sentit la fraîcheur de la surface contre son dos presque nu. Son cœur s'était emballé, à nouveau. Sa main dominante était descendue dans les plis de son jupon, à la recherche d'une arme, une dernière lassée contre sa cuisse. Trop tard. Rakesh l'avait saisi avec toute sa poigne, violemment, puis fracassé ses poignets contre la surface. Leurs deux corps s'entrechoquèrent. La sauvageonne ne put retenir un cri de douleur. Une larme glissa le long de sa joue, puis alla s'écraser contre sa poitrine qui se mouvait au rythme de sa respiration haletante. « ... Arghhh ... ». La pauvre Paro ne pouvait pas ignorer le discours de Rakesh, il était si près, si véhément dans ses paroles. Quand le mot "secret" s'échappa des lèvres de son acolyte, la jeune femme sentit ses muscles se crisper, comme si elle avait été frappée par la foudre. De quel secret parlait-il ? Et pourquoi évoquait-il le groupe dans ses paroles ? Est-ce que Kalima pensait qu'elle allait les trahir ? Pensaient-ils que sa venue à Jaipur était liée à ce "soit-disant" secret ? C'est avec la bouche entre-ouverte que Paro continua d'écouter le monologue de Rakesh. « Ce secret ne te regarde pas » Murmura-t-elle entre ses lèvres. Parvati commençait enfin à comprendre pourquoi il était présent. C'était un coup monté. De qui ? Elle l'ignorait. Naveen lui avait passé, peut-être sans le savoir, le fouet pour se faire battre. En la poussant à aller enquêter hors de la capitale, on l'avait poussé au vice. Peut-être allait-on la surprendre avec des anglais, suite à ça on l'aurait probablement fait assassinée. La tigresse sentit toute sa haine fondre, tout le long de son corps. Celui-ci se détendit presque immédiatement. Elle avait compris. Rakesh ne comprendrait pas la raison de tout ce calme, elle s'en fichait. Il pouvait partir s'il le souhaitait, elle n'aurait aucun mal à souiller son sari de son sang, pour qu'il aille le présenter à Abilasha ou à un autre membre de Kalima.

Ses iris sombre fixaient le sol. Sa respiration s'était faite régulière et lente. Parvati semblait être ailleurs, pendant un court instant. Elle fit à peine attention au geste de son compagnon de route qui, avec un certain courage, déposa une arme à feu entre ses mains encore toutes tremblantes. La jeune femme le vit encore moins se rapprocher de la porte de sortie. Cela faisait maintenant quelques secondes qu'elle n'avait ni crié, ni pesté. L'ambiance de la scène s'était transformée. Le calme après la tempête. Le grincement du parquet provoqué par les déplacements de Rakesh la sortit de sa rêverie. Retour à la gare de Calcutta ? Hors de question. Quitte à passer pour une traitresse, aux yeux de toute sa famille, autant aller jusqu'au bout de l'aventure. Découvrir si l'identité de l'homme qu'on lui avait fourni était belle et bien celle de Rahul.

L'indienne se blotti dans un coin de la pièce, allongée sur le sol, son ballotin d'affaires en guise de coussin. Peu confortable, mais cela lui suffisait pour fermer les yeux et se reposer. Demain, Parvati se lèverait aux aurores. Elle espérait pouvoir finir ce pourquoi elle était venue. Pour cela, il fallait qu'elle soit reposée et en ce moment, la jolie fleur n'était plus en état de se battre. La rebelle avait puisé dans ses dernières forces pour vociférer contre son homologue du groupe. Elle était épuisée, mais apaisée. Elle avait enfin compris la raison de cette présence musclée et encombrante. Quelle histoire.

Le soleil venait à peine de faire son apparition au-dessus des toits de la ville de Jaipur. La jeune femme sortie de sa rêverie assez rapidement. Un coup d’œil à gauche, puis à droite. Pas de signe de Rakesh. Avait-il pris la fuite pendant la nuit ? Elle ôta ses vêtements sombres et poussiéreux de la veille pour une tunique plus colorée. Son jupon glissa sur le sol miteux, se mélangeant avec les touffes de poussière et les morceaux de charbons, elle réussit malgré ses épaules douloureuses à défaire son corsage avec ses doigts agiles. Se rhabiller fut beaucoup plus rapide, il faisait frais dans la maison, surtout de si bon matin. Des couleurs plus chatoyantes paraient désormais la belle fleur. Elle défit sa longue natte, dans lesquelles s'étaient enchevêtrées des brindilles et des insectes. Quand elle tenta de nettoyer un peu sa chevelure, elle sentit que ses poignets étaient encore douloureux. Rakesh y était allé fort lorsqu'il l'avait flanqué contre le mur pour la calmer. Un sourire mystérieux vint immiscer dans son visage juvénile. Quand Paro fut enfin prête, elle prit ses quelques affaires, glissa l'arme de son compagnon de route dans son paquetage, puis se dirigea vers la porte d'entrée.

Sa silhouette était perchée sur le toit d'une maison. Elle était là, immobile comme une statue, concentrée comme un vautour chercher sa proie. Parvati avait sa carte sous les yeux. Elle se trouvait exactement à l'endroit de la carte où un gros cercle en noir avait été tracé. La rebelle observait les mouvements de rue, à la recherche de sa cible. Normalement, l'immense demeure, face à elle, était censée être le lieu d'habitation de Rahul et de sa famille. Paro voulait en avoir le cœur net, avant de se lancer dans son action vengeresse. Elle s'apprêta à ranger sa carte, quand soudain ... elle le vit.

Il était là, sous ses yeux. Rahul avait beaucoup changé depuis leur dernière rencontre. Il était plus potelé qu'avant. Beaucoup plus grand aussi. Pourtant, quelque chose en Parvati lui disait de foncer. La jeune femme quitta son perchoir pour retrouver la circulation du petit matin. Elle se fondit dans un groupe de passant pour s'approcher, incognito, de l'homme. Ils n'étaient qu'à quelques mètres l'un de l'autre. Quand, au détour d'une rue, elle voulut lui mettre la main dessus, la rebelle fut tirée en arrière par la natte. Quelque chose, ou quelqu'un, l'empêcha de crier.






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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Mar 24 Nov - 10:51

Kill the traitor
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Le feu s’apaisât avant de redevenir cendre au beau milieu de la nuit, et tout redevint calme. La bâtisse abandonnée était un repaire de chats, et tandis que ces derniers parcouraient les toits, se prélassant sous la lune et les étoiles, Rakesh se laissait tomber dans un sommeil étrange, mêlé de confusion sous la brillante Saturne qui le protégeait depuis toujours.
Après s’être réveillé et avoir déposer un peu d’eau devant la porte de la pièce qu’occupait Parvati quelques heures avant que le soleil ne se lève, l’indien commençât à explorer les alentours de la bâtisse en quête de quelque chose à manger pour la demoiselle et pour lui. Les fumées commençait à sortir doucement dans la rue, ou coupait les épices, et on commençait à faire réchauffer les plats de terre de la veille, comme toutes les villes indiennes, on se réveillait à Jaipur sous les odeurs pimentées de la nourriture.

Déjà des enfants commençaient à sortir des maisons en étirant leurs petits bras, allant chercher dans des maisons voisines du lait et du pain, un peu de travail et des sourires chaleureux. Rakesh avait connu ça lui aussi, la nécessité du travail de bon matin pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Aujourd’hui il avait de quoi payer à peu près ce qu’il désirait et c’était comme si il avait vécu deux vies.
Le soleil apportât enfin une lumière rosée, et les bâtisses de la ville se transformèrent sous les yeux de Rakki. Ce matin était calme, étrangement calme en comparaison avec la nuit qu’il avait connu, celle qui lui avait fait rencontrer la petite tigresse aux gestes si graciles. Il n’aurait jamais cru que de telles jeunes fasses parties d’une organisation comme celle des Kalima, et il avait l’étrange impression que sa première mission outre pour le tester était un piège, un sombre piège tendu pour capturer la jeune femme le faite de sa traitrise, mais si elle tombait, il le sentait, il tomberait aussi. On n’accepterait pas un témoin aussi peu fiable que lui qui venait d’entrer dans la famille. Ils étaient l’un et l’autre devenu de la chair à canon, mais dans quel but, vers quelles fins ? Ce n’était ni l’endroit, ni le moment de le découvrir mais Rakesh ne laisserait certainement pas passer cela.

Le casseur trouva deux tranches de nan, qu’il acheta à une petite femme replète et demanda à napper le tout de d’un peu de dahl. Le trajet allait être long aujourd’hui encore et rien ne lui indiquait qu’ils n’auraient pas à courir, or il lui fallait des forces et à la petite tigresse aussi.

•••

Le nan ne resta pas bien longtemps en main. La rue était bondée, les passants commençaient à aller et venir devant la bâtisse où ils avaient trouvés refuges, mais déjà Rakesh reconnaissait le profil de la jeune femme avec qui il avait passé une bonne partie de la soirée de la veille. Elle avait changé sa tenue et sa coiffure et avançait avec une détermination qu’il ne connaissait que trop bien. Sans réfléchir Rakesh se mit à la suivre à distance, comme il l’avait fait le matin précédent.
Toute la population de Jaipur semblait s’être rassemblée dans cette même rue ce matin et empêchait l’homme de se rapprocher un peu plus de Parvati. Il se tenait donc à distance, gardant encore pour un moment le pain entre ses mains. Mais dû s’arrêter au croisement d’une rue, tandis qu’il observait le regard perdu de celle qu’il avait réussi à cerner quelque peu la veille. Les yeux de la peste aux paroles impertinentes c’étaient posés sur un homme qui devait être à peine plus âgé qu’elle. Rakesh plissa ses paupières pour l’observer. C’était un homme de haute stature, visiblement d’une caste élevée, il avait une demeure appréciable et parlait avec cette emphase que seuls les hommes n’ayant connu aucune misère pouvait connaitre.

Tandis que le regard de Rakki revenait sur Paro il aperçut un groupe d’hommes, un groupe qu’il n’aurait que trop bien pu reconnaître, puisqu’il s’agissait des anglais qu’il avait croisé la nuit précédente. C’est à ce moment qu’il lâchât ce qu’il tenait en main et se mit à pousser la foule autour de lui. Les hommes se dirigeaient vers Paro, et quelques soient les griefs qu’ils avaient l’un avec l’autre, il avait pris la décision de ne pas la tuer au soleil levant, il n’allait certainement pas la ramener plus abimée encore qu’elle ne l’était devant les pieds d’Abilasha.
Mais l’enfant de Delhi ne fut pas assez rapide et les hommes blanc aux peaux grasses étaient déjà arrivés au niveau de Parvati et la tirait par les cheveux. Continuant sa progression tandis qu’ils l’a trainait dans une ruelle plus étroite en tirant sur le tissus souple des foulards qui enveloppaient son corps et plaquaient leurs mains poisseuses sur son visage, Rakesh tira un fin tissus blanc de sa manche et s’approcha d’eux avec une confiance certaine. Aucune rage, aucune haine, aucun désire de sang ne pouvait se lire sur son visage, il s’apprêtait à tuer et c’était tout ce qui comptait, il ne réfléchissait pas plus en avant, son regard se perdant sur ces hommes alors qu’il s’apprêtait à commettre le crime. Un crime qu’il regretterait peut-être plus tard, mais qui permettrait de laisser le champ libre à Parvati pour s’enfuir peut-être.
Passant le foulard sur la gorge du premier colon qui se présentât à lui, Rakesh se mit à serrer de toutes ses forces, voyant sa victime commencer à devenir violette, les veines de son visage et de son cou grossissant à vue d’œil.
Ce geste simple avait permis à Parvati d’être débarrassée d’un de ses assaillants, et permettait à Rakesh de libérer une certainement forme de frustration quant à la manière dont il se sentait utilisé comme un vulgaire pion dans cette mission.
Son regard lâchât celui de sa victime qui changeait de couleurs à mesure qu’il restait aux prises avec l’indien. Autour de lui les anglais semblaient diviser, certains désirer l’attaquer à leur tour, d’autres s’enfuir, il n’y en avait plus qu’un qui tenait encore Paro dans ses griffes, un homme aux cheveux paille qui avait une mine affreuse de ceux qui découvrent le soleil depuis peu.
Le regard de Rakesh croisa celui de la fleur, leurs pupilles noirs échangèrent pour la première fois autre chose que de la haine ou de la défiance, Rakesh acquiesça légèrement la tête en pinçant ses lèvres sous son épaisse moustache, il espérait que Paro comprendrait le message, il était certain que oui. Quelque chose lui disait au fond de lui-même qu’ils n’avaient pas fini de faire équipe, du moins pour la journée.







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Parvati Sharma


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Mar 24 Nov - 18:14

Kill the traitor
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La belle sentit une douleur se réveiller dans le creux de sa nuque. La personne qui s'était emparée d'elle par derrière, en utilisant sa longue natte, avait tiré tellement fort qu'elle avait poussé un cri de surprise, étouffé par une main qui était posé sur sa bouche. Paro était perdue. Elle tentait de regarder à gauche, puis à droite, rien, seulement les murs des bâtisses qui entouraient la ruelle étroite. Des rires rauques se faisaient entendre. Des hommes. L'indienne se débattait comme elle le pouvait, mais des mains l'en empêchaient. Combien étaient-ils ? Deux ? Quatre ? Plus ? Elle n’en savait rien. La scène s'était passée tellement rapidement qu'elle n'avait rien vu venir. Quand Parvati eut l'occasion de dégager un peu son visage de toutes ses mains, elle put voir une silhouette dans la rue. L'homme à la moustache. Il était là, droit, concentré. Sur son visage, il n'y avait pas de violence. Juste du calme. La belle n'eut pas le temps de s'intéresser à son attitude, ce dernier entoura la gorge d'un des adversaires et se mis à l'étrangler. Parvati voulut profiter de ce moment d’inattention de la part des ennemis pour s'échapper. « Aaaaahrg » Gémit-elle, tandis que l'homme qui la maintenait resserra son étreinte. L'indienne enfonça son index et son majeur dans les yeux, un peu à l’aveuglette. Ce geste atteint sa cible. Parvati se sentit libérée pendant un cours instant, prête à s'enfuir d'un côté. Erreur. Un autre soldat, l'homme qui avait voulu lui foutre une bonne raclée pour son impertinence, la veille à l'auberge, était présent. A nouveau il tira sa natte, mais cette fois-ci il écrasa brutalement son visage contre le mur. La rebelle sentit son front lui brûler et un liquide chaud s'écouler tout le long. Malgré la force qu'elle usa pour se débattre, l'anglais maintenait son corps contre le mur. Il tira ses cheveux en l'air et s'écria. « Regardez, la fleur ! » Le colon avait révélé le lotus qui avait été tatoué sur le haut de sa nuque, juste en dessous de la racine des cheveux. Cette marque indiquait qu'elle faisait partie du clan de rebelles.

Parvati tourna sa tête en direction de Rakesh, qui n'était pas très loin. Il fallait vite. Les ennemis pouvaient divulguer leurs identités. Si c'était le cas, les deux jeunes gens seraient dans une position très problématique. L'indienne préférait être tuée plutôt qu'on découvre la nature de sa vraie identité. D'un geste rapide, elle réussit à se dégager de l'emprise de son agresseur et lui assaini un uppercut dans le nez. La cloison nasale explosa sous la violence du coup et l'homme tomba à la renverse, il perdit connaissance. Il devait rester deux hommes dans la rue. La foule en dehors n'avait pas fait attention aux cris qui avaient retentis, heureusement pour eux. Il fallait faire vite, le temps leur était compté. Parvati couru en direction de son sac, qui était tombé sur le sol lors de la première attaque. Elle fouilla à l'intérieur pour chercher l'arme que lui avait donné Rakesh la veille. La sauvageonne fut bousculée par un corps qui venait tout juste de tomber sur elle, probablement l’œuvre du bourrin moustachu. Quand elle se retourna, elle vit qu'un dernier soldat anglais menaçait son compatriote avec une arme à feu, elle eut tout juste le temps de s'emparer d'une lame et de la lancer entre les deux yeux de l'homme. « ... Ffff ... » Parvati soupira de soulagement. Soudain, comme si elle venait d'avoir une révélation. La jeune femme examina autour d'elle, aux aguets, comme si elle était à la recherche de quelque chose de précieux. « Mince ! » Paro se redressa puis se dirigea en courant au bout de la ruelle, elle se mit à sonder la foule qui s'était amassée dans la rue adjacente. « Où est-il parti ? » Murmura-t-elle entre ses dents. Parvati frappa le mur contre lequel elle avait pris appuis. Elle se tourna en direction de Rakesh, un sourire crispé s'était inséré dans son visage meurtri. « Décidément, tu es partout » Dit-elle sur un ton amusé. Le sang sur son visage commençait à coaguler, seule quelques gouttes encore bien écarlate perlaient au niveau de son arcade sourcilière meurtrie. « Bon, je pense qu'il faut qu'on file, si les anglais, ou les autorités locales, nous découvrent, on risque d'avoir des ennuis ... » Parvati observa les cadavres des anglais qui étaient étalés sur le sol. Sacré carnage. Elle ne put s'empêcher de rire, discrètement. Si elle avait su que son périple à Jaipur serait aussi mouvementé, elle aurait pu prévoir le coup. La belle passa un tissu sur son visage pour essayer d'enlever un maximum de sang. Sortir dans la rue comme ça, impossible, la population risquait d’alerter les autorités très rapidement.

Parvati cachait son visage sous son voile. Les deux gens marchaient côte-à-côte, calmement. Aucun des deux n'avait prononcé le moindre mot depuis la bataille. Une douleur lancinante lui prenait tout le dessus du crâne, elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Cet imbécile d'anglais n'avait pas loupé son coup.

La déception pouvait se lire dans le regard de la jeune rebelle. Elle avait perdu la trace de sa cible. Les deux acolytes étaient revenus devant la maison, mais l'accès de celle-ci était bloqué par un grand portail en fer forgé. Parvati observa l'entrée, dégoutée de ne pas avoir pu arrêter l'homme avant. Elle ne bougea pas de sa position pendant de longues minutes. Elle était en train de réfléchir à un moyen de pénétrer à l'intérieur. Se cacher peut-être ? Feindre de livrer quelque chose ? L'indienne passa une main dans ses cheveux, affichant un air dubitatif. Elle tourna la tête en direction de l'indien. « Je ne rentrerai pas à Calcutta, pas maintenant » Le regard de Parvati ne vacilla pas. Elle était déterminée. La jeune femme lui avait dit cette phrase car, la veille, Rakesh lui avait dit qu'ils prendraient le train pour rentrer à la capitale, le lendemain. C'était impossible, pas si proche du but. Quand il voulut dire quelque chose, la belle posa le bout de ses doigts sur sa bouche et finit par lui dire. « Fais-moi confiance » Son regard se voulait rassurant cette fois. Elle savait que, s'il le voulait, Rakesh pourrait la traîner jusqu'à la gare, consciente ou pas. Il en avait la force et la motivation, après ce qui s'était passé hier. Là, il n'était plus question des querelles passées.






ₓfin d'une vie indigèneₓ
❝J'ai rêvé d'une vie où nous serions tous égaux devant la justice. Tous les hommes, toutes les femmes, travaillant dans un même but : le bonheur. Un monde utopique où même une jeune femme indienne, une orpheline, trouverait sa place parmi les autres mortels. Un rêve intouchable.❞

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Rakesh Mangeshkar


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Mer 25 Nov - 0:03

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Le sang avait coulé, coulait, et coulerait encore. Mais rien ne semblait déstabiliser les deux indiens qui faisaient front commun contre l’agression de l’un deux. Ils étaient rapide, souples, déterminé et agressif, et de plus ils avaient dans leurs manches des atouts cachés. Les anglais ne c’étaient pas imaginés en attaquant la jeune femme qu’elle put avoir un complice, si on pouvait vraiment appeler Rakesh ainsi, et ils avaient subi une déconfiture qui leur avait couté la vie, car ni l’un ni l’autre n’avait pris le temps de réfléchir à leurs actions, ils avaient été direct et agressif, ils avaient protégés leurs vies mais aussi leurs secrets, car une fois le lotus dévoilé il n’y avait plus de retour en arrière possible.

Déjà ils sortaient de la ruelle sans regarder en arrière, autour d’eux le monde continuait de tourner comme si de rien était. Parvati protégeait son visage meurtri avec son châle et Rakki regardait devant lui prêt à sauter sur le premier attaquant venu, encore tendu de tout cette adrénaline et affichant ce visage impassible propre à ceux qui regarde la mort sans avoir de remords. Mais déjà la jeune femme lui échappait encore et c’est avec un mouvement vif qu’il l’a rejoint tandis qu’elle se pressait contre les grilles qui fermait la belle bâtisse qui se trouvait devant eux. Le visage de Paro avait pris une tout autre forme, elle semblait en proie à une colère nouvelle qu’il ne lui connaissait pas. Ce n’était pas cet instant sauvage qui parlait mais quelque chose de bien plus sombre et bien plus profond. Il ne put détacher son regard de ce visage qui se tordait tandis qu’elle s’adressait de nouveau à lui.
« Je ne rentrerai pas à Calcutta, pas maintenant »
Rakesh avait compris au son de sa voix qu’il ne servait à rien de discuter, et une impression étrange lui intimait qu’il n’allait pas rentrer lui non plus de sitôt. Caressant doucement le tatouage qu’il avait au-dessus de la main il s’apprêta répondre. Il y allait avoir du vilain, il pouvait le sentir, il avait toujours eu un don pour sentir ces choses-là. Mais avant qu’il n’ait pu répliquer quoi que ce soit le doigt de Parvati touchait ses lèvres, lui intimant de lui faire confiance.
Les traits de l’indien se durcir alors aussi tôt, il ne savait pas ce qu’elle avait derrière la tête, mais il n’était pas certain de le savoir. En moins de vingt-quatre heures il avait dû protéger sa peau déjà deux fois, ils jouaient beaucoup trop avec la chance tous les deux. Mais au moins ils avaient réussi à s’en sortir vivant jusqu’ici. Le casseur avait été impressionné par la dextérité au combat de la jeune femme, pas seulement face à lui la nuit précédente, mais face à ses assaillant d’aujourd’hui, et si il avait agi avec beaucoup moins de fougue qu’elle, il avait pourtant du mal à cacher les gouttes de sang qui se trouvaient sur sa chemise à présent.

« Tu vas nous faire tuer petite peste en agissant ainsi … »
Sur ces mots une fine pluie tombât sur leurs visages, une pluie douce et chaude qui en annonçait une autre bien plus vive et lourde. Rakesh leva les yeux au ciel tandis qu’il voyait se former de sombres nuages au-dessus d’eux.
Attrapant Parvati pas les hanches il l’a pressât contre lui l’obligeant à le suivre dans la rue en direction d’un petit restaurant dont les tables étaient protégées par de grandes toiles ocres et mauve. Forçant le pas avant que les dures pluies de cette région de l’Asie ne viennent embourber leur marche.
Son visage était froid et son regard distant, Rakki calculait, avisait, manigançait, il choisissait déjà ses mots pour sa rencontre avec les Kalima, et surtout ceux qu’il allait dire à Paro, car si il n’avait jusqu’ici montré que peu d’intérêt à la jeune femme, il n’arrivait pas à se résoudre de la laisser ici, alors que la moitié des autorités de la région allaient finir par chercher les auteurs des meurtres de la ruelle et qu’elle n’était déjà pas passée inaperçu dans l’auberge.
« Ecoute petite peste. Je reste avec toi, maintenant je n’ai pas le choix tu comprends. »

Lui-même ne comprenait pas pourquoi il disait cela, mais une fois les mots dit il n’y avait plus de retour en arrière, enfin pas pour le moment. Rakesh assit de force Parvati sur un tabouret en bois et la pointa de son index avec un regard noir et direct.
« Tu ne bouges pas d’ici je reviens. Si un seul cheveu de ta natte bouge je te tue de mes mains c’est compris ? Chut, tais-toi, pas un mot de plus ! Je reviens ! »
Entrant dans le restaurant miteux, il allât commander deux boissons et des gâteaux, gardant un œil sur l’endroit où il avait laissé l’indienne sauvage avant de se diriger vers un groupe d’homme qui jouaient aux cartes en attendant sa commande.
La conversation fut courte, mais fort intéressante, l’un des vieillards qui dilapidait ses roupies au jeu lui expliqua les origines de la bâtisse et quelques anecdotes intéressantes sur la famille qui vivait dans l’imposante maison où Parvati avait lancé son désespoir. Par habitude Rakesh avait écouté sans dire un mot, enroulant le bout de sa moustache à son petit doigt avant de payer un verre à ses messieurs et de rejoindre la belle avec sa collation.

« Maintenant mange … et dis-moi pourquoi tu es venue ici et quel est ton plan ? Comme tu l’as dit je suis partout, alors autant me mettre dans la combine tout de suite, de toute façon je ne ta lache plus d’une semelle avant de te ramener à Jamwal-ji. »
Croisant les bras sur sa poitrine tout en s’ asseyant sur la tabouret qui faisait face à Parvati, Rakesh plongeât à nouveau ses yeux noir sur la jeune fille, observant son visage et remarquant vraiment pour la première fois l’hématome qui se dessinait au-dessus de l’œil et de la courbe parfaite des sourcils de la fleur. Elle avait morflé dans l’attaque mais elle restait digne, elle méritait donc un minimum d’attention, mais surtout de protection, car au rythme où elle allait, elle finirait par se faire tuer sans même s’en rendre compte, et ça il en était hors de question, Rakesh l’avait décidé si elle devait mourir c’était de ses mains, la petite impertinente et c’était tout.








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Parvati Sharma


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Mer 25 Nov - 4:35

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Contrairement à ce qu'elle pensait, Rakesh ne la réprimanda pas et ne la repoussa pas. Parvati savait pertinemment que c'était difficile de lui faire confiance, compte-tenu de leurs précédentes disputes, mais aussi parce qu'ils se connaissaient à peine. Elle imaginait aussi que cet homme devait vouloir savoir pourquoi elle réagissait ainsi, alors que rentrer à Calcutta serait beaucoup plus prudent. Ou alors, la prenait-il pour une folle ? Dans tous les cas, la curiosité de cet homme frapperait, bientôt, mais pour l'instant, ils se contentèrent d'un regard profond et d'un air compréhensif. « Tu vas nous faire tuer petite peste en agissant ainsi … » Suite à ces mots, la jolie Paro, au visage amoché, ne put s'empêcher d'esquisser une risette amusée. Cette grimace lui offrit, au passage, quelques picotements fort désagréables. Elle ne lui reprocha pas la dénomination "petite peste", il devait y tenir. Et puis, ça ne lui rapporterait rien d'entamer une nouvelle bagarre, elle était déjà ankylosée de partout. Comme une vieille grand-mère. La pluie commençait à s'abattre sur eux, tout doucement. Cette sensation de chaleur fit revivre la jeune femme qui leva son visage vers le ciel. Certaines gouttes formaient des sillons rougeâtres le long de ses joues creusées par la fatigue, l'eau de pluie s'était mêlée au sang séché qui avait formé une petite croute sur son arcade sourcilière droite. Elle ne le remarqua pas.

Après ça, Rakesh l'emporta avec lui et décida de l'emmener dans un petit boui-boui où il l'obligea à s'installer, sur un tabouret très inconfortable. Surprise par tant de fermeté, sans entrer non plus dans la violence, Parvati se contenta d’acquiescer. Elle n'avait plus le choix. Le moustachu s'éloigna d'elle pour aller discuter avec celui qui devait être le gérant de la modeste échoppe, elle le vit aussi échanger quelques mots avec un vieillard bedonnant. Assise sur son perchoir, Parvati guetta tous les mouvements et toutes les expressions de son compagnon de route. D'ailleurs, il ne tarda pas à revenir, les mains chargées de bonnes choses. On pouvait remarquer ses joues rosir et ses yeux s'écarquiller, elle était comme une petite fille à qui on tendait des sucreries. Parvati jeta un regard presque amical à son compatriote, quelque chose qui voulait dire "tu as bien fait". Elle le remercia d'un signe de tête, poli et digne. Rien de plus. Alors qu'elle tenta une approche discrète, avec sa main la plus proche, en direction d'un halwa fort appétissant, elle dut se stopper quand Rakesh se mis à lui parler.

Alors ça y est, il voulait savoir. Le bel indien, à la stature imposante, s'était posé en face d'elle. Il affichait une attitude qui ne laissait pas la place aux négociations. Rakesh n'avait pas tout à fait tort. Au fond, ils étaient liés, qu'ils ne veulent ou non, à cette mission qui était en train de se dérouler à Jaipur. Parvati s'empara furtivement du halwa qu'elle avait repéré et pris une bouchée. Elle le mangea, morceau par morceau, sans rien dire. Ses prunelles sombres fixaient le sol. A quelques centimètres, le moustachu devait s'impatienter. Que croyait-il ? Qu'elle avait tout lui dévoiler si facilement ? Au fur et à mesure que la quantité de gâteau de semoule réduisait, les bouchées qu'elle prenait se faisaient plus petites. L'autre, en face, gesticulait, soupirait. Rien à faire, elle ne parlait pas. Quand enfin, à son grand désarroi, la pâtisserie fut entièrement avalée, Parvati ne bougea pas. L'homme s'impatientait. Au lieu de lui répondre, elle se contenta de prendre autre chose sur la table. Un bruit de craquement de jointures se fit entendre. A ce moment-là, la belle leva les yeux pour croiser le regard énervé de son compatriote. Elle déglutit.

L'indienne posa avec prudence le deuxième gâteau qu'elle avait pris. « Alors ... » Commença-t-elle « Il s'agit en fait une longue histoire ... » Parvati regarda autour d'elle, examinant rapidement l'environnement, vérifier qu'il n'y ait pas d'oreilles malveillantes. Il n'y avait pas foule dans l'échoppe, à part les deux vieux qui jouaient dans un coin. Elle porta son attention sur Rakesh, qui était toute ouïe. « La personne que tu as vu toute à l'heure, l'homme que je suivais, a fait quelque chose de très mal, horrible » La jeune femme ne voulait pas en dire plus. Elle voyait que l'homme en face d'elle désirait qu'elle aille plus loin dans les descriptions. Impossible, c'était trop difficile. Alors qu'il s'apprêta à la relancer, Paro leva la main pour le faire taire. Elle passa une main sur son voile, qu'elle tira légèrement en avant pour cacher un peu plus son visage. Cette fine étoffe la protégeait du regard des autres, du regard de Rakesh. Elle détestait se sentir observée, c'était ... gênant, désagréable, déstabilisant. « La famille, d'une connaissance avec qui j'ai entretenu une longue relation, a été assassinée, le jour de son mariage. Cet homme, c'était son promis. Lorsqu'elle a voulu se réfugier chez eux, la dernière famille qui lui restait, ils l'ont abandonné, comme une malpropre ... Cette jeune fille est morte dans la souffrance et la solitude » Parvati évita de croiser le regard de Rakesh, elle fixait ses genoux. Évidemment que cette petite histoire, c'était la sienne. Elle préférait lui faire croire qu'elle n'était pas cette jeune fille, comme ça, ce ne serait qu'un demi-mensonge. Et puis, avec un peu de jugeote, il devinerait rapidement que cette histoire était la sienne. En plus, il s'était peut-être déjà renseigné sur sa vie avant de se lancer à sa poursuite à travers l'Inde, comme un fou furieux. « Mon plan ? » Dit-elle, tout en mastiquant un bout de gâteau qu'elle avait pris entre ses mains, quelques secondes auparavant. « Le retrouver, découvrir si cet homme est réellement celui que je cherche, le tuer, lui et toute sa famille ... C'est aussi simple que ça » L'indienne avait prononcé ces dernières paroles avec froideur. Comme si elle se délectait du résultat à venir. Sa soif de vengeance serait alors presque assouvie.

« Alors, satisfait ? » Paro n'avait toujours pas levé son regard hésitant vers Rakesh. Elle passa discrètement sa main dominante le long de son arcade sourcilière meurtrie. Aïe, encore sensible. Si elle avait pu voir son visage dans un miroir, elle aurait remarqué qu'il était comme séparé en deux par une ligne de sang séché. Elle faisait peine à voir, la lionne du groupe Kalima. Auparavant si sauvage et déterminée, elle ressemblait désormais à une petite souris blessée, à l’affut du moindre mouvement  de foule. Il n'y avait qu'une chose qui pouvait raviver sa flamme intérieure : le goût du sang, la violence, les coups dans les chaires.









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Rakesh Mangeshkar


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MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Mer 25 Nov - 23:02

Kill the traitor
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La pluie battait le sol et soulevait une fine poussière à l’odeur âpre d’épices et de boue. Au milieu des rues, les passants s’abritaient sous les pans de leurs vêtements où sous les tentures des magasins ambulants ou des restaurants, mais personne ne venait vers l’endroit calme et quelque peu isolé qu’avait choisi Rakesh. Etait-ce en raison de la mine patibulaire du serveur ou bien à cause de l’odeur un peu écœurante de tabac et de sueur froide qui se dégageait de l’endroit, il n’empêchait que les deux Kalima étaient des plus tranquilles. Presque trop tranquille en comparaison des évènements qu’ils avaient affrontés depuis leur rencontre. Mais cela ne faisait pas de mal. Buvant à petite gorgée la mixture faite de feuilles de thé bouillit et écrasés et de sucre de palme qu’il avait commandé, le casseur ne lâchait pas la jeune femme qui se trouvait devant lui des yeux. Elle avait changé du tout au tout, silencieuse, réservée, fuyant son regard et sa présence, se réfugiant dans ses propres pensées et dégustant du bout des lèvres d’abord le plat qu’il avait apporté, elle finit par avaler comme une enfant affamé chacun des petits gâteaux qui se présentaient sur le plat en terre qu’il avait posé sur la petite table ronde.

Rakesh commençait à perdre patience, posant son verre avec une certaine rigidité sur la table, puis croisant à nouveau les bras sur sa poitrine, crispant la mâchoire, soufflant doucement sous sa moustache, se grattant la nuque et passant sa main libre dans son épaisse chevelure noir, l’indien se mis même à taper du pied sur le sort, faisant claquer la semelle de ses scandales.
Puis enfin Parvati n’eut plus rien à se mettre dans la bouche et dû s’expliquer, expliquer une histoire comme il y en a cent dans toute l’Inde, une histoire de femme trahis par un homme. Une sensation étrange parcourus l’échine de Rakesh tandis qu’il l’écoutait sans rien dire, une impression de déjà vu, ou une pointe de nostalgie, était-ce la sienne ou était-ce le regard perdu de Paro qui el lui inspirait il n’aurait su le dire, mais à cette instant et comme à son habitude il ne signifiât aucune émotion particulière, ses yeux se plissant simplement un peu plus sur ses yeux sombres.
Tout ce voyage, dans le but de venger une amie, Rakki n’y croyait qu’à moitié, serait-il vraiment possible d’être loyale à ce point à l’heure actuelle, alors que le monde s’embrassait et se refroidissait au rythme des saisons. Plus rien n’était sûr, rien n’était tranquille, aucune famille ne pouvait se sentir protégée quel que soit son statut et cela que ce soit du côté des colons que des indiens. Alors une fille de clan, d’un clan aux mœurs aussi sombre que l’âme de Shani, pouvait-elle se permettre ce genre de fantaisies ? Rakesh doutait, et alors qu’il se perdait dans les traits étranges de Parvati, traçant une ligne imaginaire autour de la mâchoire de la jeune femme et se laissant aller à ses propres pensées il fut réveillé par les dernières paroles de la fleur.

« Alors, satisfait ? » Satisfait ? Non il ne l’était pas, il c’était engagé à la suivre, mais comment faire encore une fois pour protéger sa peau lorsqu’un tel plan était mis en œuvre sans plus de détails et sans plus de préparations. Décidemment cette fille devait être à moitié folle … non pas à moitié, elle était complétement folle la petite peste des Kalima. Et on le lui avait refilé comme un colis piégé, à lui qui avait déjà bien à faire avec ses propres vengeances.
Passant son index et son pouce distraitement sur sa moustache, Rakesh se mit à fixer un point fixe sur la table, réfléchissant à ce qu’il allait faire lui, la laisser ici, non il n’en avait plus le droit, pas après ce qu’il avait dit, mais ça ne serait pas la première fois non plus qu’il dérogerait à sa propre parole, alors pourquoi doutait-il autant ? Le gout de l’action, la promesse du sang coulé, le simple besoin de se défouler, ou peut-être les trois en même temps. Oui c’était certainement cela maintenant qu’il y réfléchissait.
Sans prévenir Rakki tapa du plat de sa main sur la table, faisant se soulever tout ce qui s’y trouvait de quelques millimètres provoquant un tintement discordant des diverses récipients.

« Eh bien allons-y ! Après tout tu ne bougeras pas de cette maudite ville avant d’avoir exécuté ton plan, qui n’est absolument pas un plan d’ailleurs excuse-moi de te le dire … et moi je ne rentre pas sans toi, alors allons y. »
Lui non plus n’avait pas de plan. Ce qu’il avait appris sur la famille en questionnant le joueur de carte était bien trop inutile dans une pareille circonstance, il fallait quelque chose de solide, une certitude, un avis tranché, n’importe quoi qui puisse leur permettre de ne pas faire couler inutilement leur propre sang.

« Va te laver le visage, tu ne peux pas sortir comme ça. Je vais glaner des informations à propos de ton bonhomme pendant ce temps, on se retrouve ici dans une heure. Ne te perd pas en chemin et évite les anglais, ça ne te porte pas chance de croiser leurs chemins. »
Rakesh se leva, la pluie battante ne cessait pas derrière lui, créant un rideau épais d’eau et de poussière, rien qui ne fasse peur au casseur déterminé. Esquissant un mouvement de départ Rakki revient soudainement vers Paro et tira sur le foulard de la jeune fille, pour cacher son visage aux autres passant, la protégeant des regards tandis qu’elle semblait se remettre de ses émotions, il voulait la laisser dans ses pensées, lui donner un peu de temps, c’est tout ce qu’il pouvait faire pour elle avant de s’enfoncer dans la foule, sous la pluie, tachant ses vêtements et mouillant son corps et rafraîchissant ses esprits, espérant revenir à temps avec toutes les informations qu’il soit possible de collecter.






sympathie for the devil
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Parvati Sharma


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 216 , et je suis ici depuis le : 24/09/2015

MessageSujet: Re: Kill the traitor { RAKESH (terminé)   Jeu 26 Nov - 20:51

Kill the traitor
voyage vers la vengeance


« Eh bien allons-y ! Après tout tu ne bougeras pas de cette maudite ville avant d’avoir exécuté ton plan, qui n’est absolument pas un plan d’ailleurs excuse-moi de te le dire … et moi je ne rentre pas sans toi, alors allons y. » Parvati l'observa, bouche bée, pendant un cours instant. Il était d'accord avec elle, comme ça. Étonnant. Elle l'aurait pensé plus combatif. Il ne semblait pas convaincu par son discours, mais il avait décidé de la suivre. Rakesh était bien courageux, ou téméraire. La jeune femme était ébahie. Qui l'eut cru ? L'homme avec qui elle s'était battue, il y a quelques heures seulement, était là, devant elle, décidant de la suivre dans son combat. Il ne lui devait rien, mais il la suivait. Espèce de fou. L'indien se redressa tout en lui exposant ses dernières volontés, lui dire qu'ils se retrouveraient dans une petite heure, le temps de préparer un peu leur coups. Parvati approuva sagement, d'un simple signe de tête, son visage toujours caché sous son voile coloré. Elle le vit partir puis revenir en arrière, tirant sur le bout de tissu pour la cacher un peu plus. D'abord surprise en mal, elle se rendit vite compte de la portée protectrice de ce geste presque fraternel. La jolie indienne sentit ses joues s'enflammer. Le casseur quitta l'auberge et la laissa seule.

Une heure avait passé. Parvati et Rakesh s'était rejoint devant la maison, dans le centre de Jaipur. Les deux jeunes gens avaient passé les dernières minutes à tenter d’échafauder un peu plus construit. Au final, ils s'étaient mis d'accord en mêlant leurs deux idées. Arriver à entrer dans la demeure, incognito, trouver la cible, éliminer la cible jusqu'à la racine. Avant ça, il fallait qu'ils soient certains de leurs coups. Le plan était lancé.

L'indienne tenait entre ses mains un plateau sur lequel étaient déposées une multitude de friandises sous un petit carré de tissu. Les friandises avaient été piquées par ses soins, et elle avait mis quelques gouttes de poison. On n'est jamais trop prudent. Paro avait nettoyé son visage, une croûte était encore visible au-dessus de son œil droit, mais le voile sur sa tête cachait cette zone. Les deux indiens se présentaient donc devant la porte et demandèrent à entrer.

Un homme, d'une cinquantaine d'année, apparut devant eux. « Bonjour monsieur, nous souhaitons voir le propriétaire de cette maison » S'exclama Parvati sur un ton doux mais sérieux. Son interlocuteur ne répondit pas tout de suite, jugeant l'apparence du faux couple qui s'était présenté devant ses yeux. La jeune femme avait pris soin de rester devant Rakesh, elle pensait que son attitude serait plus rassurante que celle de son acolyte. « Monsieur n'est pas encore rentré » Se contenta-t-il de lui répondre, il tourna les talons. Parvati l'arrêta. « Attendez. Et madame ? Nous sommes des anciens voisins, de Calcutta. La famille ... Lakshmi ? » A nouveau, un air suspicieux imprégna son visage grassouillet. La jeune femme afficha un sourire rassurant, espérant que son obstination passerait pour de la sympathie d'anciennes connaissances. Rien, l'homme tourna les talons et s'enfuit dans la maison. Parvati échangea un regard avec Rakesh. Aucun des deux ne semblait au courant de ce qui allait leur arriver.

De chaque côté de la grande rue, un bataillon de soldats indiens, armés jusqu'aux dents, avançait dans leur direction. Était-ce un piège ? La rue s'était vidée de toute sa population, il ne restait plus que Parvati et Rakesh, cernés par les autorités locales. La jeune indienne tenta de trouver une échappatoire. Il y avait de nombreuses petites ruelles, non loin d'eux, mais s'ils ne se séparaient pas, ils seraient coursés par une trentaine de soldats. Ils ne feraient pas le poids. Paro tira sur la manche de son compagnon de route et lui dit, calmement. « On rentre, à la maison » Elle lui fit un signe de tête, indiquant qu'elle partait d'un côté, lui de l'autre. Le cri de l’assaut des soldats se fit entendre, les deux jeunes se séparèrent, chacun dans une rue différente, pour diviser le groupe.

Parvati réussit à échapper à ses assaillants. Elle resta cachée dans un tas de foin, tout le reste de la journée, puis réussit à prendre un train pour retourner à la capitale. La jeune femme n'eut aucune nouvelle de Rakesh, s'imaginant bien qu'il avait lui aussi réussi à quitter cette ville maudite. Lors de son voyage du retour, la jeune femme se remettait en tête cette aventure riche en rebondissements, regrettant par la même occasion de ne pas avoir réussi à éclaircir cette histoire. Était-ce réellement Rahul qui était là-bas ? Ou quelqu'un du groupe lui avait donné une mauvaise piste pour la piéger ? Si elle avait été arrêté à Jaipur, jamais elle ne serait sortie vivante de leurs geôles. Affaire à suivre.






ₓfin d'une vie indigèneₓ
❝J'ai rêvé d'une vie où nous serions tous égaux devant la justice. Tous les hommes, toutes les femmes, travaillant dans un même but : le bonheur. Un monde utopique où même une jeune femme indienne, une orpheline, trouverait sa place parmi les autres mortels. Un rêve intouchable.❞

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Kill the traitor { RAKESH (terminé)
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