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 L'éléphant et le corbeau • Chandrakanta

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Rakesh Mangeshkar


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 65 , et je suis ici depuis le : 15/11/2015

MessageSujet: L'éléphant et le corbeau • Chandrakanta   Jeu 26 Nov - 10:15

हाथी के और कौवा
l'éléphant et le corbeau

La jungle indienne était une véritable fournaise en cette fin de saison des pluies. Rien ne pouvait être plus désagréable au corps et à l’esprit que cette brume immatériel qui envahissait le moindre centimètre, vous empêchait de dormir ou bien vous empêchait de bouger. Au milieu de cela évoluait un cortège coloré et actif, des hommes et des femmes venues de presque tout le pays pour voir un être métisse, mi-homme mi- éléphant, l’avatar du dieu Ganesh, censé leur apporté prospérité et réussite.
Rakesh observait cela avec dédain, les bras croisés sur son torse puissant, il avait gagné le temple au petit matin et s’y était arrêté sur l’une des plus haute marche, s’asseyant là et attendant patiemment que son comparse ne vienne. Quel lieu plus approprié qu’un temple pour se donner rendez-vous ? Des familles entières s’attendaient ici pour venir donner leurs offrandes ensemble et ainsi montrer son unité, on ne regardait donc pas d’un mauvais œil un homme seul qui ne bougeait que de quelques centimètres de temps en temps. Mais si Rakki était ici, ce n’était certainement pas pour venir honorer le dieu à tête d’animal. Non cela faisait bien longtemps que l’indien n’avait plus fois en lui, qu’il avait perdu toute raison de l’honorer. Sa mère avait été une fervente adoratrice de ce dieu à la peau bleu, mais lui n’accordait aucune importance à sa présence au panthéon. A ses yeux un seul dieu prévalait.
Le cortège grossissait, et les attitudes étaient de plus en plus ridicules, certains se frappait la poitrine, d’autres attendaient le front posé sur une pierre moite et brulante qu’un prête vienne les relever. Autour de cet amas de couleurs et de cris se trouvait bon nombre de femme, des femmes du temple ou d’autres venues aider à la préparation, apportant ainsi honneur à leurs riches familles.
Un plateau remplit de figues se présentât sous les yeux de Rakki qui tendis la main et en vola une. Une petite vieille aux cheveux nattés avec soin et qui sentait fort le lait de coco lui attrapât alors la chemise, lançant sur lui un regard noir, prête à le maudire.

« Ce n’est pas pour toi vaurien, ce sont les offrandes faites au dieu Ganesh ! »
Rakesh dégagea la vieille d’un mouvement du bras et se mis à rire sous son épaisse moustache. Avançant le buste vers elle et la surplombant de toute sa stature. Il n’avait aucune honte à manger cette figue et il le fit sous son nez, observant la peur et la ‘indignation se peindre sur ce visage ridé qui lui faisait face et qui écarquillait ses yeux avec une vigueur démentiel.

« Ce n’est pas ton dieu qui va manger tout ça, mais les prêtres qui ne font rien de leurs dix doigts toutes la journée pendant que vous, vous vous tuez à la tâche, vieille folle ! »

L’endroit où ils se trouvaient tous les deux était légèrement excentré, prêt de l’un des piliers ouest, la pierre sculptée le démontrant en Vighneshvara, et expliquant ses divers exploits de dieu depuis l’âge de son enfance.
Rakesh connaissait ces histoires par cœur, et pourtant il ne pouvait se résoudre à avoir de la compassion pour les adorateurs de ce dieu qui portant sur lui la tête d’un animal qu’on ne pouvait dresser complétement. Il aurait fallu bien des heures encore pour comprendre tous ce que l’indien à l’imposante moustache, représentation avatar de la seule divinité qu’il adorait, pouvait avoir contre les dieux hindous. Mais il gardait cela pour lui la plus part du temps. La seule distinction qu’il apportait à cela était son adoration pour le dieu au corbeau, un animal sauvage que l’on n’avait pas cherché à imposer à un dieu mais qui c’était présenté de lui-même, et qui jamais plus n’avait servi d’esclave aux hommes, un animal qu’il c’était fait tatoué sur le dos de la main lorsqu’il avait commencé sa vie d’adulte. Certains pouvaient le prendre pour un voleur, mais ce kaûa était tous ce qui important dans la vie spirituel de Rakesh, il le guidait, le prévenait, l’informait des dangers, il était son totem, son gri-gri, son bienfaiteur, et aucune figue volé à l’éléphant ne pourrait lui enlever cela.
La vieille s’approcha de nouveau prête à gifler l’indien, mais Rakesh se détournât brusquement, et portée dans son élan, cette dernière trébucha, titubât et tombât sur le ventre, laissant alors son plateau plein d’offrande se rependre sur le sol, les quelques figues et autres fruits qu’elle avait apporté, roulant sur les marches et allant s’écraser plus bas, contre les pierres humides.
Observant la scène avec un sourire presque malsain sur son visage, Rakki ne vit pas qu’une autre présence venait de s’ajouter, qu’on l’observait et qu’on s’apprêtait à agir, faisant dos à l’entrée du temple, l’indien ne pouvait se douter que sous la protection de ces épais piliers de granite gris, un spectateur s’apprêtait à entrer en jeu, et que cela ne serait pas vraiment pour lui plaire.








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MessageSujet: Re: L'éléphant et le corbeau • Chandrakanta   Sam 28 Nov - 20:46

हाथी के और कौवा
l'éléphant et le corbeau

Le temple de Ganesh était en fête. Une nouvelle cérémonie pour lui rendre hommage et solliciter sa bienveillance avait débuté à l’aube. Les prêtres et les épouses divines avaient préparé le temple pour accueillir les pèlerins et la bâtisse n’avait jamais été aussi belle et aussi colorée qu’en ce jour. Chandrakanta avait entamé sa danse sacrée avec les premiers rayons du soleil, louant son divin époux, glorifiant sa force et sa bonté, bénissant son amour et sa bienveillance. Le dieu l’aimait, elle en était persuadée depuis le jour où il l’avait sauvée des eaux. Il lui avait pardonné son péché et il lui offrait une chance de demeurer son épouse sur terre. Si elle le pouvait elle ne cesserait plus de danser mais elle n’était pas une déesse et son corps réclamait du repos. Ses jambes se dérobèrent et elle se laissa tomber sur le sol, reprenant son souffle. Lorsque sa respiration redevint régulière elle se releva doucement et prit un bain. L’air était moite en cette saison et l’eau fraîche lui fit le plus grand bien. La jeune femme ferma les yeux pour apprécier les effluves parfumées des huiles florales et fruitées. Puis elle revêtit un sari aux couleurs chatoyantes, brodés de fils d’or, coiffa sa longue chevelure en une tresse ornée de fleurs et s’avança vers la porte du temple pour accueillir les fidèles. Ce genre de cérémonie se déroulait plusieurs fois par ans et elle y avait assisté depuis de nombreuses années maintenant mais elle était toujours aussi impressionnée. Son cœur se sentait gagné par la ferveur de tous les autres fidèles et une joie immense l’envahissait. La beauté d’hommes et de femmes unis dans la foi ne pouvait être décrite avec des mots. Chandrakanta ne pouvait exprimer la plénitude qui régnait alors dans son cœur. Elle souriait, remerciait les croyants pour leur générosité, prenait les mains qu’on lui tendait. La joie rayonnait sur tous les visages qu’elle croisait. Cependant elle sentit une main se poser sur son bras et la personne qui lui faisait face ne transcendait que l’inquiétude.

« Que se passe-t-il ? Quel souci trouble ton cœur ? » demanda-t-elle.

On l’informa alors d’une altercation entre une femme et un homme à l’entrée du temple. Chandrakanta quitta son poste près de la statue de Ganesh pour marcher rapidement vers les portes. Les mots « vieille folle » lui parvinrent et elle se mit alors à courir pour voir avec horreur une femme s’apprêtant à frapper un homme. Ce dernier était encore jeune et il esquiva avec aisance le coup qu’elle voulait lui porter. La femme fut emporter par son propre élan et tomba au sol, dans le fracas de son plateau qu’elle voulait offrir au dieu. Chandrakanta posa une main sur sa poitrine pour apaiser la colère qui montait en elle. L’homme était visiblement amusé par ce triste spectacle et elle se demandait avec fureur quel genre d’homme pouvait penser à rire devant une vision aussi pathétique. Elle porta secours à la vieille dame, l’aidant à se relever.

« Prenez mon bras, je vous en prie. » dit-elle avant de se retourner pour demander de l’aide aux employés du temple. « Emmenez-la dans le temple et que quelqu’un ramasse ses offrandes pour les porter à Ganesh. »

Lorsque la vieille femme fut emmenée, Chandrakanta fit face au trouble-fête.

« Pauvre femme. Cela valait-il réellement la peine d’agir ainsi ? Qu’a-t-elle pu dire ou faire pour que vous vous réjouissiez de la voir blesser ? »

Sa voix était étonnamment calme alors que la colère continuait de la consumer. Mais elle ne devait pas laisser le ressentiment la dominer, cela n’en valait pas la peine. Elle pouvait certainement agir d’une manière plus judicieuse et utile pour régler les conflits que de crier. Le dialogue était toujours la meilleure solution.

« Qui êtes-vous et que venez-vous faire ici, vous qui semblez ne pas apprécier les pèlerins ? »









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    they tried to kill you with flame and smoke,
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    but you took their heads with a single swing of your sword.
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    but your heart is made of steel and your skin of dragon scales.
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Rakesh Mangeshkar


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MessageSujet: Re: L'éléphant et le corbeau • Chandrakanta   Mar 1 Déc - 23:07

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La ciel était blanc comme une perle, c’était un ciel de lait, ce même ciel où les pèlerins s’imaginaient un homme éléphant tiré sur un grand chariots, les observant et les bénissant à mesure qu’ils s’avançaient dans l’épaisse jungle. Combien de temps Rakesh avait-il cru cela lui aussi ? Longtemps, peut-être un peu trop, car il ne connaissait que trop bien les rites pour être totalement impartial sur ce sujet. L’homme regardait à terre une vieille femme vociférer et il avait pitié pour elle autant que cela l’amusait. Il voulait lui donner une leçon, elle si charitable avec ce dieu sensé être si bon, ne partageait pas même un fruit avec lui, l’ancien enfant de la rue, elle le jugeait sur sa stature, tous ce qui lui importait était le salut de sa propre âme et jamais elle ne donnerait aux plus petits ou aux plus pauvres, c’était cela la réalité de ces marcheurs qui s’entassaient dans le temple.
Rakesh savait depuis longtemps que la longue réincarnation de son âme ne prendrait pas fin dans cette vie, il n’était pas un homme bon, mais contrairement à beaucoup de gens présents dans ce temple à cette heure, il ne prétendait pas non plus l’être, et c’était pourquoi en cet instant il se sentait quelque peu supérieur à ses congénère.
Une voix féminine derrière lui interrompit son observation de la vieille femme, se retournant avec nonchalance vers la provenance des mots, il vit un petit corps de femme, mince et gracile, portant un sari aux belles couleurs et aux bijoux précieux. C’était sans doute l’une des plus jolies des jeunes créatures que Rakesh avait eu l’occasion de voir dans sa vie. La couleur de sa peau et les traits de son visage avaient quelque chose d’enfantin et de sensible. Mais cette présence, bien loin de séduire comme elle aurait dû et pu le faire, agaçât le Kalima qui se mit à mastiquer avec défiance le fruit qu’il avait volé à la vieille tandis que des aides du temple la relevaient et ramassait ce qu’elle avait laissé semé derrière elle.
Puis le petit corps de la femme se tournât vers lui une fois la place débarrassé. Rakesh l’a regarda de haut en bas. Si la tenue était superbe, la jeune femme à l’intérieur semblait elle appartenir aux cieux. Mais son regard brillant venait d’encore un monde plus lointain. Le casseur encra son regard dans ses pupilles et l’écoutât avec attention, observant sa manière de lui parler et d’agir.
C’était une femme du temple, elle ne venait pas en pèlerinage, et il n’y avait qu’une raison pour laquelle une femme vivait dans un temple.
Que répondre à cet enfant qui perdait sa vie et les joies qu’amour offre, devait-il avouer ses crimes, avouer sa naissance et ses blessures afin qu’elle ne le juge pas, ou bien qu’elle le condamne à sa guise. Un homme comme lui devait souiller ne serait-ce que par sa présence un lieu pur, et pourtant il se fichait bien de savoir si ses actions déshonoraient les dieux. Lui personne ne l’avait jamais béni, il c’était béni seul et trouvait cela largement suffisant à présent, à présent qu’il était devenu adulte il n’avait plus besoin des dieux, simplement de sa propre raison, et de son propre protecteur.
Se détournant un instant de la jeune femme afin d’observer l’intérieur du temple d’où des volutes de fumées produites par l’encens brulé abondement en ce jour leur parvenait, Rakesh se mit doucement à rire, son épaisse moustache se soulevant au-dessus de sa lèvre supérieur, lui donnant un air d’autant plus hautain avant de s’assoir sur les marches du temple.

« Cette femme n’est pas un bon pèlerin. Et vous, votre vie est déjà terminée, pourtant vous êtes si jeune. »
Rakesh finit de manger le fruit avant de se taper les mains l’une devant l’autre à auteur de son visage en baissant doucement la tête, s’inclinant ainsi devant l’épouse divine du dieu auquel il n’avait aucune confiance et qu’il n’avait plus honoré depuis sa cruelle enfance.
Doucement Rakki libéra ses deux mains et posa son pouce sur sa moustache, la lissant lentement tout en soutenant le regard de la jeune femme.
Si joli, et déjà si fanée, elle ne verrait jamais la lumière de la vie en restant dans l’ombre des piliers et des statues de ce temple, derrière ces hommages et ces prêtres, derrière ces offrandes ou derrière son coloré sari.
Certes elle était parée comme une reine, mais était-ce ça une vie ? Rester sous la domination d’un dieu qui ne viendrait dans sa couche que par la pensée, dommage pour les indiens, ils perdaient ici l’une des plus belles plantes de Calcutta, une plante qui devait bien avoir un nom, qui devait avoir eu une vie avant tout cela, avant les pieds couverts de aîné et les cheveux recouverts de sindoor.

« Avez-vous un nom ? »
Le comparse de Rakesh n’était toujours pas arrivé, et tant pis d’ailleurs, il était encore tôt, le proxénète aux multiples facettes avaient encore un peu de temps devant lui, et une très jolie fille aussi. Une femelle qu’il ne pouvait quitter des yeux et qui pourtant lui inspirait un quasi-dégout, comment rester ainsi ? Comment accepter que la vie ne devienne pas quelque chose d’autre ? De plus ? Il ne pouvait comprendre, lui qui c’était toujours battu pour tracer une ligne sinueuse, ne jamais rester dans les clous, cette jeune femme l’intriguait au fond, c’était peut-être pour cela qu’il avait envie de l’observer et de l’écouter, elle était bien différente des autres filles de son âge, des indiennes des rues tout du moins.









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MessageSujet: Re: L'éléphant et le corbeau • Chandrakanta   Mer 23 Déc - 21:09

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Le spectacle était navrant. Une vieille femme s’écroulant le long des marches au son de son plateau d’argent et des fruits qui s’écrasaient sur le sol. Fallait-il être sans cœur pour ne pas éprouver de la pitié à ce moment là ? Fallait-il avoir le cœur d’un démon pour rire d’une vision si pitoyable ? Chandrakanta ne pouvait croire que l’homme qui se tenait à côté d’elle était dépourvu de cœur ou animer par la noirceur des démons. La noirceur des hommes n’avait pas de limite, elle le savait, elle n’était plus une enfant. Mais elle se forçait à l’imaginer loin, très loin du temple et par association très loin d’elle. C’était naïf de sa part mais que pouvait-elle faire d’autre pour éloigner le mal à part prier ? L’épouse divine aurait aimé croire que son cœur sentirait si un jour elle croisait le chemin du mal mais même celle qui avait été sauvée des eaux savait que les miracles étaient rares. Tout le talent du mal consistait à ne pas se laisser dévoiler aussi facilement. On ne reconnaissait pas la noirceur lorsqu’on lui faisait face et c’était là sa force. On lui faisait confiance, on fermait les yeux et on le laissait s’insinuer autour de nous sans s’en rendre compte.

L’homme la regarda avec un regard empli de colère et de défi tandis qu’il mastiquait avec vigueur le fruit qu’il avait dérobé à la femme pèlerin. Chandrakanta détourna le regard pour voir avec soulagement que la vieille femme était en sûreté. Lorsqu’elle osa reposer les yeux sur lui, l’homme avait plongé son regard vers l’intérieur du temple. Cherchait-il une réponse divine, un signe de la bienveillance des êtres suprêmes ? Comme s’il avait entendu ses pensées, l’homme se mit à rire et s’assit sur les marches. Il avait un air si arrogant, si sûr de lui que malgré sa beauté et sa prestance indéniables il devenait irritant. L’épouse divine se demanda s’il agissait ainsi seulement avec elle, par dédain pour le dieu qu’elle servait ou s’il se comportait toujours de la sorte. Elle ne comprit pas ses paroles. Comment cette femme pouvait-elle être un mauvais pèlerin ? Qu’avait-il vu qu’elle n’avait su voir ? Qui était-il pour juger qui était un bon ou un mauvais pèlerin ?

« Vous ne pouvez porter une telle accusation envers cette femme sans explications. Que voulez vous dire ? »

Et que voulait-il dire encore en affirmant que sa vie était déjà terminée ? Le regard lourd d’interrogations elle l’observa manger son fruit et frapper ses mains l’une contre l’autre comme une imitation d’une salutation aux divinités. Si elle ne l’avait pas vu l’instant d’avant se moquer ouvertement d’une femme venue porter des offrandes, elle aurait pu croire qu’il cherchait le pardon divin en s’inclinant ainsi devant elle. Aussi elle ne fut pas surprise de le voir relever la tête et lisser sa moustache en soutenant son regard. Elle lui fit face. Peut-être était-ce une mission que lui confiait son dieu : résister aux insultes d’un incroyant ou même parvenir à apaiser les tourments d’un esprit impie ?

« Mon nom est Chandrakanta Devadas. »

Son nom même était l’affirmation de son statut d’épouse divine. Elle le prononça avec fierté et aplomb. Aussi fort qu’une prière.

« Je suis l’épouse divine de Ganesh. Vous êtes devant le temple de mon époux céleste. Et vous n’avez pas répondu à ma question : qui êtes vous et que venez vous faire ici ? » demanda-t-elle d’une voix qu’elle s’efforça de rendre la plus douce possible.

Elle ne comprenait pas la raison de sa venue. Pourquoi venir dans un lieu qu’il semblait le répugner au plus haut point ? Etait-ce par pure méchanceté, pour se moquer de ceux qui ne pensaient pas comme lui ? Il l’intriguait. Elle se demandait ce qui avait pu le rendre aussi désabusé envers les dieux. Quelles épreuves avait-il pu endurer pour perdre la foi quand le monde était aussi rempli des preuves de l’existence du divin ? Sa foi personnelle était inébranlable depuis qu’elle avait été sauvée de la mort par un éléphant. Sa ferveur était déjà grande quand elle était rentrée au temple et qu’elle avait entamé sa formation d’épouse divine, la joie intense qui l’habitait quand elle dansait était pour elle une satisfaction suffisante. Mais elle avait douté de sa chance, elle s’était sentie impure, incapable d’être aimée du dieu qu’elle servait avec tant de passion. Désormais elle ne pouvait douter d’être touchée par la grâce divine. Elle avait choisi la mort et la vie ainsi que le pardon lui avaient été offerts en retour.

« Croyez-vous en Ganesh? Ou avez-vous seulement perdu foi en la bonté de ses pélerins ? »









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