Partagez | 
 

 Spicy Opinion

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


avatar

Mohan Singh


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 12 , et je suis ici depuis le : 29/11/2015

MessageSujet: Spicy Opinion   Mer 2 Déc - 2:48

Spicy Opinion
Quand l'occident rencontre l'orient


« Dites aux servantes de chauffer l’eau quand les invités arrivent. » lança Asmita, la grande tante de Mohan aux serviteurs. La maison en ébullition préparait ce repas avec énergie et sérieux. Fierté et volonté d’être un hôte irréprochable, les consignes avaient été claires : Tout doit être parfait pour celui qui est parvenu à soigner l’infection de son mari suite à une morsure de singe.

« Vous en faites trop ma tante » lança le jeune raja en observant les gens s’affairer. « Ils ne saisiront pas la moitié des choses que vous ferez. »

D’un mouvement de main agacé vers son petit neveu, elle arrangea son sari. « C’est encore ma maison ici. Respecte tes ainés ! » Argumenta-t-elle sèchement avant de se diriger vers la petite salle de prières pour déposer une offrande à Vishnu.
Si l’indien se montrait aussi négatif sur cette rencontre entre orient et occident, c’est qu’il savait à quel point bon nombre d’européens les prenaient tous pour des sauvages. Ignorant tout des traditions et du savoir millénaire du peuple indien.  Il était triste de voir même comment sa tante portait en respect ce médecin alors que l’inverse devait être fait. Leur famille était une dynastie, un héritage.

Les invités furent annoncés et rapidement la famille dut se placer vers l’entrée pour les accueillir. Une servante apporta le plateau à offrandes richement décoré contenant une petite lampe à huile et un petit récipient de kumkum.  Asmita le prit et commença à dessiner de  petits cercles face à l’homme avant de plonger son pouce dans la poudre rouge et de l’appliquer sur le front de l’homme. Elle fit de même avec les enfants puisque la femme s’était soudainement reculée – ce qui bien entendu fit soupirer intérieurement l’indien qui venait de remarquer également que les invités ne s’étaient pas déchaussés comme le voulait la coutume.

Tout le monde se dirigea vers le grand patio agrémenté de toiles colorées afin d'offrir une ombre reposante. Un petit bassin remplis de nénuphar apportait un peu fraicheur et de sérénité. Une table en bois massive ainsi que les chaises assorties avaient été sorties. La table agrémentée de nombreux plat accueillait déjà le repas.

« Je vous en prie. Installez-vous, mettez-vous à vos aises. »  Termina-t-elle.
Tout le monde s’installa à table. La famille Donati comptait 4 personnes, les hôtes étaient également quatre. La grande tante Asmita, son fils Lokesh, sa fille Sadhvi et Mohan. Un grand bol d’eau légèrement chaude parfumé à la rose fut tendu aux convives pour que chacun puisse s’y laver les mains. Durant tout le rituel, Mohan resta silencieux, se contentant d’un signe de tête quand chaque personne fut annoncée et présentée. Son regard se portait souvent sur l’épouse qui visiblement ne semblait pas heureuse d’être là et couvait ses enfants comme s’il pouvait leur arriver quelque chose d’une minute à l’autre. Par tous les dieux que l’hindouisme vénérait, ce repas allait être très long…








Traces of you.Linger like a tear drop. Fresh upon the air. Play me like a rain cloud. Sounds upon the air ☁️

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Bianca Donati


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 40 , et je suis ici depuis le : 01/12/2015

MessageSujet: Re: Spicy Opinion   Mer 2 Déc - 9:58

Spicy Opinion
Quand l'occident rencontre l'orient


« Bianca, cela suffit ! » S'exclama l'homme d'un ton sec. Derrière lui, une femme, d'une vingtaine d'année, tenait ses enfants par les épaules. La belle européenne était à peine vêtue, les cheveux en pagaille après une longue journée de travail, d'épaisses cernes étaient dessinées sous ses prunelles délicates. Elle affichait un air sévère et froid, tandis que son mari lui tournait le dos. « Comment pouvez-vous m'obliger à venir, avec les enfants, dans cette maison de ... sauvages ». Le médecin leva les yeux au ciel et poussa un profond soupire d'agacement. A nouveau sa chère femme l’exaspérait. « Si ça ne te plait pas, rentre chez toi, je ne te retiens pas » Cette phrase, qu'il avait l'habitude de lui sortir lorsqu'ils entraient en conflit, lui faisait froid dans le dos. La belle étrangère le dévisagea, la bouche entrouverte. Que pouvait-elle répondre face à cette menace ? Il était bien capable de la renvoyer en Italie, sans ses enfants. Bianca se tue et fit volte-face, emportant ses enfants avec elle pour se préparer en vue de la soirée à venir. Les ennuis n'allaient pas tarder à arriver sur cette famille catholique.

La calèche s'arrêta devant une immense bâtisse, qui ressemblait d'ailleurs plus à un palais qu'à une maison. Le mari fut le premier à sortir, suivi de ses enfants. La femme, quant à elle, hésita pendant quelques secondes avant de s’extirper à son tour du véhicule. La famille au grand complet était présente. Nicolo Donati avait revêtu son plus beau costume, celui qu'il ne réservait qu'à de rares occasions. Il était allé chez le barbier, dans le quartier européen, et s'était même parfumé. Cela faisait quelques années que Bianca n'avait pas vu son mari vêtu de la sorte, plutôt habituée à le voir accoutré de sa blouse blanche. Les enfants avaient été bichonnés par leur mère, ils ressemblaient à deux petits anges. La jeune femme était vêtue plus que convenablement. Elle qui avait prévu d'enfiler une robe noir, idéale dans de telle circonstances, avait dû se résigner à porter une nouvelle toilette que son mari avait acheté spécialement pour cette soirée. Nicolo connaissait bien son épouse, tellement têtue. C'est donc dans une tenue jaune pastelle, à la dernière mode occidentale, que la belle italienne vint se fondre derrière son époux, tenant fermement ses deux chéris par la main. Ses yeux étaient rivés en direction du sol lorsque la maîtresse des lieux les accueilli.

Le trajet en direction de la salle de réception lui parut interminable. A chaque fois, son mari s'arrêtait dans la demeure pour admirer tel ou tel endroit, s'extasiant sur la beauté du mobilier oriental ou émerveillé face à un simple bassin remplie de nénuphars. De plus beaux étaient construites à Rome, pensait-elle dans son esprit perturbé. Quand les invités, accompagné des hôtes, s'installèrent enfin à table, Bianca laissa échapper un discret soupire de soulagement. Un silence suivit l'installation des convives, il fut brisé lorsque Nicolo décida de présenter sa petite famille. « Nous vous remercions pour votre aimable invitation, votre demeure est merveilleuse ! » Commença-t-il de façon flatteuse, adressant une salutation cordiale à la maîtresse des lieux. « Je vous présente mes enfants, Antonia et Marco ... » Les deux gamins hochèrent poliment la tête. Nicolo jeta un coup d'oeil neutre à sa compagne, il semblait presque hésitant à la présenter. « Et ma tendre épouse, Bianca. Ne faites pas attention à son air rengorgé, elle a eu ... une dure journée au dispensaire » Le mari tentait d'excuser le comportement froid de sa femme, qui depuis le début n’avait pas daigné présenter ses respects ou tout simplement, les saluer. Suite à ces mots, la belle ne put réprimer un sourire hypocrite dans le coin de ses lèvres. Quand elle leva enfin les yeux, son regard sombre croisa celui d'un curieux personnage.

Outrée qu'il la dévisage de la sorte, Bianca voulut dire quelque chose, mais la discussion qu'avait entamée son époux pour détendre l'atmosphère, la retenait. Elle détourna ses prunelles de l'étranger pour se concentrer sur sa fille, à sa gauche, qui avait trempé ses mains dans un bol. Intriguant comme coutume. Après tout, les populations indigènes mangeaient avec les mains. La jeune femme fit de même, consciente que si elle ne lavait pas ses mains comme les autres convives, elle aurait l'air bien bête. Dieu excuse sa présence dans ces lieux. « Bianca, on te parle » Une voix familière la sortie de sa rêverie. La belle se tourna en direction de son époux qui attendait une réponse. « Vous disiez ? » A nouveau le regard de Nicolo se glaça. Son épouse était ailleurs, cela le mettait dans une mauvaise position devant cette illustre famille. « Madame Singh te demandait justement comment, avec deux enfants et une maison à tenir, tu arrivais à me suivre dans mon travail » Intriguée par la question, Bianca réfléchit pendant quelques instants. La vieille femme, accoutrée de façon très exotique, la fixait de ses yeux pétillants, attendant sa réponse avec patience. La belle avala sa salive, puis lui répondit de façon digne et faussement polie. « Nous avons des employés » Elle arracha un sourire hypocrite puis reporta son attention sur son fils, à sa droite, caressant avec amour son visage encore joufflu.




ₓnuova vitaₓ
❝... Enfin. Me voilà arrivée dans ce nouveau monde que je n'aime pas. C'est bruyant, sale, il fait humide et tout le monde semble étrange. Dans quoi m'a-t-on emmené ? J'envie ma famille restée sur le beau continent, dans un monde civilisé. Je reviendrais un jour, attendez-moi ... J'arrive ...❞



Absente à partir du 30/12 jusqu'à ce que Free soit passé !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar

Mohan Singh


Depuis mon arrivée en Inde, j'ai rédigé : 12 , et je suis ici depuis le : 29/11/2015

MessageSujet: Re: Spicy Opinion   Lun 14 Déc - 1:19

Spicy Opinion
Quand l'occident rencontre l'orient


Il n’aimait définitivement pas la manière qu’elle avait de se comporter et surtout de traiter sa tante qui avait eu la gentillesse de tout rendre parfait pour leur visite. Son regard insistant sur elle était justement dans cette intention, il ne baisserait pas les yeux face à une étrangère.

Si le mari avait l’air sincère, Mohan ne se trompa pas un instant sur le semblant d’efforts que mimait l’épouse. Il était clair qu’elle faisait le quota minimal pour ne pas passer pour une sauvage quant à la politesse… Pourtant, l’indien ne comprenait pas pourquoi sa tante s’évertuait à entamer une discussion avec elle.
Le mari essayait de retourner les marques d’intérêts. Posant des questions sur l’état de santé du patriarche alors que les plats étaient amenés. La famille se mit à manger avec sa main droite, aidé d’un chapati pour regrouper la nourriture, il remarqua que sa grande tante était fière de leur confier les cuillères en argent qu’elle avait acheté des années plus tôt pour suivre les modes « européennes ». Ne pouvaient-ils pas faire comme eux ? Et manger avec leurs doigts ? cela n’avait rien de sale, bien au contraire, ils prenaient soin de se laver souvent les mains, bien plus que ne semblait le faire bon nombre d’étrangers…


Le jeune garçon semblait enchanté de manger avec sa main si bien qu’il n’attendit aucune autorisation pour se lancer dans la dégustation des plats. Affichant un grand « O » avec sa bouche face à la nourriture brulante et épicée, il s’empressa rapidement de reprendre son repas. Mohan afficha enfin un sourire en l’observant et sans un mot lui montra comment récupérer tout le riz de son assiette. Le docteur profita de cet instant de faiblesse pour engager la conversation avec le Raja.

« Et vous… Mohan ? Êtes-vous de passage chez votre tante ? » Demanda-t-il alors que déjà la mine de l’indien se renfermer face à cette question anodine mais pourtant sensible pour lui.

Le raja aurait aimé être à Jaipur, aux côtés de son père pour apprendre les derniers rouages qui lui manquaient afin de reprendre le titre de son père mais la vie en avait décidé autrement.

« Je n’ai pas de compte à rendre sur mes déplacements. » répliqua-t-il visiblement piqué par la question avant de reporter son attention sur son assiette. Sans doute aurait-il pu se montrer plus souple mais impulsif comme il était, l’homme n’avait rien trouvé de mieux à répliquer et puis… Ce n’était pas pire que l’épouse. Sa tante lui reprocherait sans doute ce comportant plus tard, lui répliquant comme bien souvent qu’il était peut être raja mais qu’elle était l’ainée et la maitresse de cette maison. La conversation se tourna bientôt vers les religions et il entendit rapidement que l’hindouisme et ses nombreux courants contenaient beaucoup d’incohérences.

« Ce n’est pas plus idiot qu’une femme qui enfante seule ou un nombre qui se fait torturer par son propre peuple. » répliqua-t-il en levant à nouveau la tête. Vu le regard que lui lançait l’épouse, c’était sans doute à elle qui venait de répondre d’une oreille distraite.









Traces of you.Linger like a tear drop. Fresh upon the air. Play me like a rain cloud. Sounds upon the air ☁️

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Spicy Opinion   

Revenir en haut Aller en bas
 
Spicy Opinion
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 2 Spicy (Lindbergh)
» Afficher son opinion politique
» Manipulation de l'opinion, un éclairage par Noam Chomsky
» Le Petit Bouchon à Boisbriand
» Votre opinion détaillé de CitiesXL

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Empire of India :: Last step :: Records :: Sujets archivés-
Sauter vers: